Grenoble à Salvagnac 2003

par Nicole L.
mercredi 8 octobre 2003
par Collectif TRANSVERSEL
popularité : 2%

Très subjectives et incomplètes, voici les notes que j’ai prises durant les rencontres Intersels à Salvagnac. Pour les comptes-rendus plus objectifs et complets des ateliers, je vous invite à vous rendre sur le site de Selidaire : www.selidaire.org où vous trouverez une richesse d’infos.

Mardi 26 août 2003 après-midi

L’arrivée sur le site de l’Intersels est fléchée depuis la nationale, il ne reste plus qu’à se laisser guider à travers les rondeurs du paysage. C’est Pierre, un ami du sel de Grésigne, qui est venu me chercher à la gare de Montauban (avé l’accent). A notre arrivée, l’accueil est fermé, mais nous rencontrons déjà des sourires et des messages de bienvenu. Lionel nous propose du café. Durant tout le séjour, j’ai eu l’occasion de le retrouver ici même, à la pause café, où il excelle avec attention, bienveillance et sourire à ce qu’il ne manque de rien, que le café soit chaud, qu’il y ait du sucre... Je papote avec les uns, avec les autres, avec Jean-Luc, Constant, Nabiha, puis avec Maya qui me fait visiter les lieux. Tous les jours qui suivirent, Maya me partagea gracieusement ses sourires, sa spontanéité, ses paroles tendres. Un rayon de soleil cette Maya ! Plantage de tente puis visite à l’accueil où une équipe dynamique et bien organisée nous explique la marche à suivre, pour s’inscrire, prendre les repas...Il y a plusieurs possibilités pour régler les soixante unités du séjour, je choisis de les régler par la route des sels. S’il y a des personnes qui ont de problèmes, Hervé a généreusement mis à disposition ses unités pour qu’on n’y pioche dedans, c’est le compte solidarité. J’ai chaud...au cœur. Avant de partir de l’accueil, je prends un papier rose, il y en a de toutes les couleurs, pour y inscrire Nicole, Sel de Grenoble et l’épingle à mon vêtement. Je fais connaissance de Jean-paul, qui a proposé le premier atelier (off), l’atelier tendresse cette après-midi. Il me raconte l’histoire de la naissance du sel de Gap. Un matin, il rencontre un gars, un peu éméché, qui fait la manche et qui lui demande une pièce. Jean-Paul lui dit non, il a une autre proposition à lui faire : si tu veux travailler, j’ai du travail pour toi dans ma maison, il y a de gros travaux, je te payerai... si tu es d’accord, je viens te chercher demain, ici, à la même heure. Le lendemain, le gars est là. Pendant trois jours, il va bosser avec Jean-Paul et le soir du 3e jour, le gars invite Jean-Paul et sa femme pour le repas, dans son squat. Et là, c’est l’ambiance d’un repas de fête ! Le gars, il a tout dépensé l’argent qu’il a gagné pour honorer, remercier Jean-Paul. De cette générosité, de part et d’autre, ils décidèrent de créer un sel à Gap. Et le gars, de fil en aiguille, est devenu un pro en maçonnerie, et comme c’était du travail de pro, on le paya en chèque service et c’est comme ça qu’il quitta le sel de gap, car il avait trouvé un travail dans le département voisin !

Puis c’est l’heure du repas. Au menu, ce soir, taboulé, tomates et oignons farcis, dessert de fruits cuits. On s’assoie sous le grand chapiteau en dur où les tables sont dressées. L’espace est grand et peut accueillir beaucoup de monde. A ma table, on mange, on trinque avec nos verres plein d’un Gaillac de la région, on commence à chanter, à battre la mesure...l’heure est à la gaieté, on sort les instruments...j’entends le loup et le renard et la belette...après plusieurs chansons, je m’éloigne vers une table à l’extérieur, où François propose le jeu du Tao. Je suis curieuse, et le mot tao m’attire. Il nous explique que ce jeu a été travaillé pendant les rencontres mondiales de Porto Allègre, c’est un jeu d’interconnexion, qui s’appuie sur le livre « les aventuriers de l’abondance ». Ça parle de désirs, de quête. Il y a quatre espaces : l’espace air = l’implication de notre quête, l’espace terre = l’approfondissement de notre quête, l’espace eau = les moyens de notre quête, l’espace feu = les obstacles à payer pour notre quête. Pour chaque élément, il y a des cartes. On joue avec un dé, c’est le dé du destin qui nous permet de faire avancer notre pierre précieuse...Pour la démonstration, François a demandé 3 vizirs et 3 joueurs. Je me suis proposée pour jouer, mais j’avoue que j’étais un peu intimidée...pour plus d’infos, on peut se rendre sur le site www.taovillage.com ou demander à François. Au sel de Cocagne, c’est un jeu qui a du succès, on y joue sous un tipi, c’est un moment où on se connaît mieux les uns les autres et qui permet de rester en contact car c’est un jeu qui crée des liens, on se rappelle pour approfondir sa quête. Je rejoins ma tente, une petite clope, une petite méditation sous la nuit étoilée et hop ! Dodo.

Mercredi 27 août 2003

Petit déjeuner : Café, lait, thé à volonté ; du bon pain comme je l’aime, du vrai de vrai ; de la bonne confiture maison, faite par des selistes, humm !

Puis c’est 10h00, l’heure de la réunion plénière. On se réunit à l’extérieur, les chaises sont installées en grand rond. On nous présente les différents thèmes de la journée. Pour info, les thèmes évolueront tout au long du séjour. Les premiers thèmes ont pour sujet le rapport à l’intérieur des Sels, ensuite le rapport de proximité, enfin le rapport au collectif. Donc, pour aujourd’hui, mercredi, voici le programme des ateliers :

Matin de 11h à 13h
-  Témoignages de rencontres et histoires heureuses au sein d’un Sel (Lieu 4)
-  Logistique au sein d’un Sel (Lieu 6)
-  Route des Sels (Lieu 5)
-  Atelier logistique selidaire (Lieu 2)
-  Après-midi de 16h30 à 18h30
-  Charte esprit du Sel
-  Méthode systémique
-  Sel et implication des jeunes
-  Gestion des comptes extrêmes

A chaque fois, il y a un atelier non nommé, c’est l’espace du vide fertile. On peut l’utiliser pour proposer un thème. C’est sympa ça !

En plus du programme, il y a les activités proposées par chacun. Pour aujourd’hui, il y a :

-  Initiation à la sophrologie
-  Massages sensitifs de 13h à 16h30 proposé par Nicole et Raoul
-  Clown par Jean-Michel Bonnaventure

Je me rends à l’atelier de la route des Sels, sous le grand chapiteau en dur. On rajoute des tables, il y a du monde. Annick et Claude proposent de prendre le compte-rendu, Roland de distribuer le bâton de parole. Tout d’abord, c’est la présentation de la route des Sels : La RdS (lire route des Sels) est un réseau d’hébergements entre selistes. On n’est pas obligé de proposer un hébergement pour en faire partie. C’est une association de loi 1901, et l’échange se fait par nuitée qui équivaut à soixante unités locales. On y retrouve l’esprit du Sel, l’échange entre les personnes, un peu comme si on arrive chez des amis, on compose, il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit l’hôtel, quoiqueuuu...le gîte 3 étoiles existe, il est ouvert aux adhérents de la RdS pour une nuitée ! C’est le Pérou. D’ailleurs, on rappelle que la RdS existe à l’étranger, en Allemagne, au Japon, en Espagne, en Suisse et en Italie. A la RdS, l’échange se fait par le carnet de voyage, directement entre les deux Sels. Pour adhérer à la RdS, il faut être adhérent d’un Sel. Il existe deux systèmes :

1) Notre Sel est lui-même adhérent à la RdS, notre adhésion est alors de 3 euros, mais nous ne recevons pas le catalogue puisque notre Sel le reçoit. Il nous suffit de photocopier ce catalogue. On peut adhérer aussi pour 10 euros et recevoir ainsi le catalogue.

2) Notre Sel n’est pas adhérent à la RdS, l’adhésion est alors de 10 euros et on reçoit le catalogue.

Une troisième solution existe pour les personnes qui sont en rupture de Sels, et qui ne sont donc pas adhérentes d’un Sel : il existe 3 Sels « fictifs » dans lesquels elles peuvent adhérer gratuitement : le Sel libre, le Sel à route et le Sel nomade. Etant adhérentes à un de ces 3 Sels, elles peuvent donc adhérer à la RdS. Fastoche ! On nous rappelle que le renouvellement se fait à titre individuel, en janvier, il faut y penser, il n’y a pas de rappel !!! (Ben oui, moi j’ai oublié). C’est trop lourd et trop cher, l’équipe a beaucoup de travail. « Et par mail ? », « Non, non, non ». On invite les correspondants locaux à faire le rappel. Il y a deux catalogues, un en Novembre et un en Juillet. Sylvain rappelle qu’un problème d’argent ne doit pas faire obstacle à l’adhésion à la RdS, on propose des adhésions gratuites, ce ne doit pas être un problème. On partage des témoignages de joie, d’amitié, de partage rencontrés à la RdS. Il y a aussi des témoignages moins heureux, mais ça se sait vite ! Pour Elisa, inquiète de ne pas être sollicitée pour sa proposition d’hébergement à Strasbourg, pas d’inquiétude. On lui conseille de maintenir sa proposition, même si ce n’est pas un lieu de grand passage, elle peut avoir de la demande. On parle à bâtons rompus, le bâton de parole volant d’une personne à une autre, l’échange est dynamique : La RdS n’est pas utilisée que pour le loisir, on l’utilise aussi pour le travail, pour des formations, la recherche de boulot...Il y a toute sorte d’hébergeant et de non hébergeant...le problème dans les Sels, c’est la communication ! Informer, faire des réunions, c’est là que joue le rôle du correspondant...les statistiques sont difficiles à établir, on a reçu 50 carnets de voyage sur 500 à la RdS...la séance est levée, il est 12h55.

Il y a quelques personnes qui commencent à installer les couverts sur les tables. Pour la joie de chacun, pendant notre séjour, nous avons le plaisir d’offrir une heure ou plus, par jour, pour participer aux jouissances collectives : repas, préparations des tables, nettoyage divers, covoiturage, petit déjeuner, bar, piscine...J’ai ouïe dire que l’atelier repas était un endroit charmant. A travers l’épluchage des pommes de terre, la coupe des fruits, le malaxage des pâtes, il y avait beaucoup de partage, de joie et d’amitié. Et même de quoi boire, et de quoi rire...et ça s’entendait. J’en connais qui ne le quittaient plus cet atelier, tellement on si sentait bien ! A savoir que l’on a vraiment bien mangé et bien bu pendant tous ces jours, des gueuletons, je ne vous en parle pas ! J’ai pris 2 kg en 5 jours :-)) Et puis l’équipe qui orchestrait ça, des pros de la cuisine, mais aussi de la convivialité, du sourire, de l’abondance, du bon vivre quoi ! Merci à vous, je vous tire mon chapeau bien chaleureusement ! Après le repas, les gens se dispersent. Les uns vers le café, d’autres vers la piscine ou vers le lieu ombragé de la sieste ou vers les tables extérieures pour poursuivre leurs discussions. D’autres encore s’occupent de nettoyer les gamelles de la cuisine.

A 16h30, je me rends à l’atelier systémique. Il y a beaucoup de monde, les chaises forment un escargot. C’est Alain qui commence la présentation. Difficile de faire le compte-rendu de cet atelier, je n’ai pas capté grand-chose...c’est un système ouvert, comme en biologie, ça rentre, ça sort, ça bouge, c’est l’essence du vivant...en fonctionnant avec un système ouvert, ça permet le maintien et l’existence de la diversité...l’organisation est réduite au minimum ce qui permet d’être chacun responsable, plutôt que d’aller se plaindre auprès d’untel parce qu’il aurait mal fait son travail...ça, ça me plaît...il y a autorégulation des échanges...J’ai les neurones qui collent, alors je m’éloigne prendre l’air vers l’atelier esprit du sel ; mais je ne m’attarde pas longtemps ici, je retourne à la systémique. Je viens de louper les dix commandements de la systémique, présentés par Daniel. Puis il y a échanges de questions, de témoignages ; l’assemblée exprime son contentement, car c’était plus abordable qu’auparavant.

18h30, je tiens le bar, avec Caroline, Constant et Roland. Il y a différents jus de fruits pour 30 centimes d’euros, du vin à 50 centimes, blanc sec ou doux, du rosé et du rouge. Le blanc est très bon paraît-il, et pour sûr, on n’arrête pas de m’en demander. Il n’y a plus de sirop, on l’a cassé ! La bière bio en pression est super bonne, je me délecte ! Par contre, elle mousse beaucoup et c’est difficile de remplir un verre car il se remplit de mousse. Je trouve qu’on la paye un peu chère : 2 euros, mais on me dit que c’est le prix de revient, qu’il n’y a aucun bénéfice dessus. J’ai du mal à le croire...mais c’est pas grave, les autres boissons sont très abordables. Derrière le bar, je fais connaissance des Sels de Gabarre, de Paris, de Paname, de Montpellier. L’ambiance est sympa, on échange sur nos différents Sels. Les seliens de Paname ont une chorale, mais malgré mes demandes, je n’aurais pas le droit à une chanson. Je n’ai pas le temps de finir mon service car une guêpe m’a piqué. Ça a été l’occasion pour moi d’aller visiter l’espace médical où une équipe attentionnée s’est bien occupée de ma petite blessure.

...Puis c’est l’heure du repas où l’on nous accueille avec un apéro de cidre. C’est la fête ! On mange, comme à chaque fois, un vrai festin, du partage, des rires. La journée finit par une soirée contes. Je n’y suis pas allée, mais j’ai jeté un coup d’œil au lieu qui avait une allure féerique, avec un décor de tissus, de belles tables basses en bois, des lumières feutrées, une ambiance intime.

Jeudi 28 août 2003

10h00 : Réunion plénière où l’on fait un compte-rendu flash des ateliers de la veille...ça part en chanson, puis il y a les résumés, des témoignages, des rires, des applaudissements. On décide pour aujourd’hui que tout le monde sera pigiste, chacun pouvant écrire sur la feuille bleue accrochée à cette intention. Car ce qu’il faut savoir, c’est qu’au petit-déjeuner, on peut lire le journal, très beau, avec des articles et des photos couleurs de ce qui s’est passé la veille.

Les ateliers du jour sont présentés :

Matin :
-  Jeu et systémique
-  Comité Sel’idaire
-  Sels et contributions volontaires à l’extérieur
-  Adéquation des offres et des demandes dans un Sel
-  Atelier du vide fertile : La sortie de secours est au fond de l’impasse

Après-midi :
-  Emergence du créatif culturel
-  Perspective de la subsistance
-  Sel et écologie pratique
-  Sel et autres associations

Je me dirige à l’atelier Jeu et systémique, les places sont limitées. Daniel Delarasse nous présente le JEU : Le JEU est né du SEL Pyrénéen le Réel en 1998 et ce n’est pas une association. JEU signifie Jardin d’Echange Universel. On peut aller par exemple au Québec et faire un échange avec le Jeu québécois. On peut l’utiliser n’importe où en France et dans les pays où existe le JEU. On peut tout régler, l’échange se fait comme dans un SEL, sur la confiance et la transparence. A la différence d’un SEL, il y a un carnet de JEU qui répertorie tous les échanges. On peut donc voir l’historique de la personne. Daniel fait circuler son carnet de Jeu, ça nous donne une idée de ce que c’est. Son premier échange, c’est de l’oseille ! Il poursuit en nous disant qu’il y a deux conception du Jeu :

1) - une conception informatisée, où l’on peut s’inscrire directement sur Internet, et y rédiger ses offres et ses demandes et y consulter le catalogue. On peut aussi y récupérer un carnet du Jeu.

2) - Une conception française, où l’on remplit une feuille de papier que l’on envoie avec 15 euros pour recevoir par la suite le catalogue du Jeu. Ce catalogue contient environ 1000 offres et demandes, alors que celui que l’on trouve sur Internet en comporte environ 500. L’échange se fait sur la base d’une heure = 60 unités.

Comme chaque Sel est autonome et s’organise comme il le veut, il est parfois difficile de faire un échange d’un Sel à l’autre. Le Jeu permet de faire ces échanges en toute simplicité. De plus, le Jeu évite les formes de contrôle et de pouvoir (liées à la loi 1901) qui peuvent se mettrent en place autour du président, du comptable... comme nous l’avons déjà vécu dans certains Sels, où l’on se déresponsabilise et où l’on délègue au CA. La liste du Jeu est : Jeu@yahoogroupes.fr. L’entrée dans le Jeu est gratuite. Le Jeu n’accepte pas de compte négatif. L’origine du Jeu provient de l’histoire de Louis Even, l’île des naufragés, qui a lancé le mouvement créditiste social. Le Jeu a été intégré comme atelier de Sélidaire depuis 2 ans.

13h00, c’est l’heure du repas. Jean-Paul prend le micro pour nous inviter à inscrire notre prénom et le nom de notre Sel sur un papier et de le déposer dans une corbeille installée près des plats. C’est pour un jeu dont on nous livrera les règles plus tard. Après le repas, qui finit par une délicieuse tarte tatin, Jean-Paul nous explique les règles : Chacun va piocher un papier dans l’urne et découvrir le nom d’une personne. Cette personne devient notre ami inconnu, il est connu de nous seuls. Pendant la durée de notre rencontre, le jeu est de se renseigner sur ses goûts, ses préférences pour lui offrir chaque jour, sans se dévoiler, un petit cadeau. C’est rigolo, vraiment sympa ce jeu ! Nous allons donc tous tirer un papier dans la corbeille. Sur le mien, je lis : Gerd Blïntzly. Tauschring Minden. Allemagne. Hum hum...ma voisine de table me montre du doigt mon ami inconnu, assis dans le fond. Il ne parle pas français, il va falloir être créatif... moi-même, je dois être l’amie inconnue d’un autre participant...

Après le repas, je rencontre Saïd qui est en train de faire de la terre. Il modèle un bas relief qui représente une femme nue. Je croise Guy aussi, à une table, qui est en train de peindre à l’aquarelle. Pas loin d’ici, il y a l’atelier du moteur à eau, ça intéresse pas mal de personnes. Et puis, comme chaque après-midi, la piscine est bien fréquentée, avec ses joyeux lurons qui jouent et se rafraîchissent.

16h50, je vais retrouver l’atelier Passerelle Eco. Je suis en retard. L’atelier est accueillant, on est assis sous les arbres, sur un duvet de feuilles mortes. Ils sont en train de calculer leur empreinte écologique : En vivant sur notre planète, on puise des ressources, ce qui correspond à une surface de vie. Chacun a donc une emprunte écologique. D’après les calculs fait parmi les participants, cette emprunte est souvent supérieure à la surface disponible. Jean-Luc nous donne des chiffres comparatifs, tels que l’empreinte d’un américain, d’un européen ou d’un éthiopien, c’est époustouflant les différences. Il nous explique qu’en changeant nos habitudes légèrement, on peut changer son emprunte écologique. Il nous présente l’association Passerelle Eco, qui est un réseau d’entraide, d’échange éco qui permet à chacun, où il en est, en ville, à la campagne, de faire un pas écolo. Un pas après l’autre, Passerelle Eco permet de trouver des solutions, de faciliter l’accès au bio au travers des échanges, de l’entraide où l’on peut être aidé quand on ne sait pas. C’est un système d’offre et de demande. Ça parle d’écologie pratique, avec des personnes qui proposent ou demandent des savoir-faire, mais ça parle aussi d’écologie relationnelle. Concrètement, c’est accessible par la revue Passerelle Eco qui diffuse les offres et les demandes de chacun et qui paraît tous les trois quatre mois. Il nous donne des exemples de projets, par exemple quelqu’un veut créer un lieu de vie où les personnes âgées seraient intégrées. Il y a des personnes chez lesquelles on peut aller voir et apprendre des façons de construire avec des matières naturelles...il y a des projets d’ecovillages...Jean-Luc a créé une Passerelle Eco dans le Sel, il nous propose d’en parler dans notre Sel et de lui faire remonter les offres et les demandes. Son intervention ouvre des portes qui semblaient jusque-là fermées dans ma tête.

18h30 : Sous le grand chapiteau commence l’atelier de psychogénéalogie. Ça parle de racines profondes...mais on n’a pas le temps de s’enraciner, le vent commence à souffler et ce, de plus en plus fort. C’est presque inquiétant. Tout le monde se lève, courre pour ranger ses affaires. Avec quelques personnes, je m’occupe de la vaisselle, car les hautes piles d’assiettes risquent de s’effondrer. J’amène des verres sous le marabout à l’abri. Quand je reviens, ça devient vraiment affolant, le vent s’est intensifié, l’air est marron, c’est bruyant, c’est vraiment une tempête ! C’est flippant de rester là, j’ai l’impression que tout va s’écrouler, il y a des choses qui volent dehors, puis très rapidement, c’est une pluie de grêlons qui s’abat. Avec les personnes qui se trouvent là, nous nous réfugions sous le marabout. Nous ne sommes pas très fières. La toile s’agite, des personnes retiennent les armatures en tubes de fer, est-ce que tout va s’écrouler ? Au bout de quelques minutes, Bruno arrive en courant et nous crie d’aller nous réfugier dans la maison, car ici tout peut s’écrouler. Ni une, ni deux, nous voici à courir en direction de la maison, sous une pluie de grêlons. On arrive trempés dans la maison. Les personnes qui étaient devant la maison me disent comme c’était impressionnant, les fils électriques semblaient s’enflammer. Alors on a coupé le courant. Aussi rapidement qu’elle est venue, la tempête se calme. Nous sortons dehors, notre regard s’ouvre sur un paysage dévasté. Des tentes se sont envolées, d’autres se sont cassées, quelques unes ont résistées. Je retrouve la mienne cassée et couchée sous une grosse flaque d’eau. A l’intérieur, matelas, couverture, livres, tout mouillé. Il y a quand même quelques habits épargnés, ça me réconforte. Dans le camping, on s’affaire à sortir matelas, duvets, on les étends, on essore, on récupère les tentes envolées... Chacun prend des nouvelles de l’autre, la joie, la solidarité sont là, les cœurs s’embaument, s’ensoleillent, on se donne des accolades. Puis on annonce au micro qu’un thé chaud nous attend devant la maison. C’est les retrouvailles, par chance, il n’y a pas de blessés. Par contre le lieu a subit quelque dommage. Après, comme dans une fourmilière, chacun se met à la tâche : et que je te ramasse les branches, et que je te nettoie le sol, et que je t’essuie les chaises, et que je te lave la vaisselle, que je te lave la piscine, que je te répare les marabouts, que je te rafistole l’électricité...tous, de concert, participent à la réfection du lieu, puis nous nous retrouvons sous le grand chapiteau pour faire le point. Jean-René monte sur une table et prend le micro. Il nous demande de nous répartir en 3 groupes : Devant lui, les personnes qui peuvent proposer un hébergement ; derrière lui, ceux qui ont besoin d’un hébergement ; à sa gauche, ceux qui ont un hébergement. En deux temps, trois mouvements, par l’orchestration efficace et pleine de générosité de Jean-René, toutes les personnes qui avaient besoin d’être hébergées (et elles étaient nombreuses) ont trouvé un hébergement. Bravo Jean-René ! Tout le monde étant casé, c’est le festin, préparé par les bretons ! On mange, on boit, et on vérifie qu’il n’y ait pas de gens choqués.

Cette nuit, je dors sous le grand chapiteau. Une bonne âme m’a laissé son lit. Ici, on est les derniers endormis et les premiers réveillés. Ça ne fait pas beaucoup de sommeil, mais on n’est pas venu pour dormir !

Vendredi 29 août 2003

10h00 : Réunion plénière. François fait circuler le micro, les rapporteurs décrivent les ateliers de la veille. Sur mon cahier de route qui m’accompagne de partout, je prends des notes pour partager avec le Sel de Grenoble ce qui se dit ici. Il y a plein de choses intéressantes, c’est vivant, pas mal d’infos à faire circuler.

Donc, les différents ateliers de la veille :
-  Adéquation offre demande dans un Sel : Il est dit que ceux qui n’arrivent pas à dépenser risquent de se lasser. Pour faire des échanges, le bulletin ne suffit pas. Il faut aller au-delà, susciter des rencontres entre les adhérents comme dans certains Sels, on peut aussi afficher dans les marchés, les bourses, ses propositions. En redynamisant les rencontres, plus d’échanges se font. Certains Sels ont fait un questionnaire sur les attentes de chacun, ce sont des choses qui marchent. Il peut aussi y avoir un suivi des nouveaux. En conclusion, on ne peut pas promettre, au sein d’un Sel, que l’on trouvera tout. Pour la gestion des comptes excédentaires, il y a aussi la possibilité de profiter des contacts des Sels alentours.
-  Sel et associations : On trouve deux abords : 1) - Des adhérents qui sont intéressés par le Sel, un point c’est tout. 2) - Des adhérents qui sont intéressés pour que leur Sel ait une participation avec d’autres associations. Il y a des Sels qui acceptent que d’autres associations soient membres du Sel, il y a alors des échanges avec elles, des prêts de salle..., des échanges avec des artisans, avec des personnes de la confédération paysanne, il y a des Sels qui font parties de la Maison des associations, il y a des propositions de partenariats avec des associations. Beaucoup de choses sont possibles, en respectant la règle que le Sel doit être indépendant des partis politiques, des églises et des sectes.
-  Contributions solidaires à l’extérieur : A Amiens, on fait partie d’un système de contribution depuis 3ans et dont l’origine est l’aide aux sinistrés. Il est donné en exemple la réfection d’un chalet en échange de pouvoir l’occuper certains week-ends.
-  Logistique secrétariat : Il est annoncé que la lettre Sel’idaire sera proposée par abonnement de 12 euros pour l’année à chacun des selistes qui le désirent, afin qu’elle soit diffusée le plus largement possible (4 numéros par an).
-  Les créatifs culturels : Manuel a proposé cet atelier suite à la lecture du livre : « L’émergence des créatifs culturels » de Ray et Anderson aux éditions Yves Michel, paru en 2001. C’est une étude sociologique, ethnologique et psychologique réalisée aux USA, qui rapporte qu’il existe 3 groupes sociaux : 1) - Les modernismes (50%), qui sont intéressés par la croissance, le progrès, la technologie. Tous les partis politiques font partis de ce groupe. 2) - Les traditionalistes, qui disent que c’était mieux avant. 3) - Les créatifs culturels, qui sont attachés à la nature, le bénévolat, la spiritualité, l’égalité homme femme. Ils représentent 20% de la population et il semblerait que l’individu seliste peut se reconnaître dans ce groupe.
-  La perspective de subsistance : Se libérer de l’argent, du capitalisme. On cite Aristote qui parle de 2 catégories : 1) - les biens nécessaires à sa famille et à sa communauté de proximité. 2) - Les biens de la logique du profit...Je n’ai pas tout noté.
-  Le comité Sel’idaire : On recherche des gens nouveaux pour favoriser l’assemblée plénière. On aimerait que les Sels participent, amènent leurs idées, ce serait l’éthique de ce comité. L’association Sel’idaire a pour but de favoriser la circulation des infos. Le comité est composé de toute personne appartenant à un Sel et qui s’y inscrit...un appel est fait à chacun, nous sommes les bienvenus, on peut aussi s’inscrire sur la liste : selidaire-comite@yahoogroupes.fr. Le comité fait des propositions, émet des avis, il décide de la création ou de la dissolution d’un atelier. On présente les ateliers de la journée :

Matin :
-  Sel et Internet
-  L’international des Lets
-  La route des stages
-  Organisation des intersels régionaux
-  Atelier du vide fertile : Atelier râlage

Après-midi
-  AG route des Sels
-  CORPS (Comité d’Organisation des Repas Publiques et Solidaires)
-  Economie Solidaire et Monnaie sociale

Hors ateliers :
-  Fen Shui
-  Sophrologie
-  Point d’infos sur les OGM (précision sur vocabulaire)

11h00 : Je me rends à l’atelier Route des Stages, où je me propose de prendre le compte-rendu, et Bernard de le transcrire sur ordinateur. La Route des Stages a vu le jour il y a 4 ans, lors des rencontres Intersels de Salvagnac et dans le but de pouvoir partager des choses que l’on ne trouvait pas dans son propre Sel. La Route des Stages, qui n’est pas une association, fonctionne principalement sur Internet, au sein d’un réseau. Ceux qui n’ont pas Internet peuvent passer par leur correspondant Route des Stages, s’il existe. Pour être correspondant, il est nécessaire et il suffit d’avoir une adresse e-mail et d’être motivé pour transmettre les infos. Son rôle est de faire connaître la Route des Stages à son SEL, d’informer les adhérents, de transmettre les offres et demandes des adhérents vers la Route des Stages et les nouvelles infos provenant de la Route des Stages vers les adhérents du Sel (ou du JEU). Dans certains Sels, il y a un bon travail d’information, certains correspondants intégrant les nouvelles annonces de la Route des Stages sur leur journal local. Le correspondant peut imprimer ou faire photocopier le catalogue en demandant à l’adhérent le remboursement des frais de photocopie. Tout adhérent peut aussi consulter le catalogue sur Internet sur le site de la Route des Stages. Sur ce site on trouve 2 parties distinctes : 1)- Une partie tout public, ouverte à tous. 2)- Une partie privée réservée aux seuls adhérents du Sel ou du JEU. Pour ceux-ci, il faut taper un identificateur (ou login) et un mot de passe. On peut y trouver les informations sur la Route des Stages, le fonctionnement, le catalogue ainsi que des feuilles du carnet de JEU. L’échange dans la Route des Stages se fait selon 4 modalités possibles : 1) - Troc direct. 2) - Grains de Sel quand les 2 Sels en question sont en Intersels. 3) - Route des Sels. 4) - JEU L’échange se fait de gré à gré entre les 2 personnes qui se mettent d’accord sur les conditions avant l’échange. Il existe aussi 2 listes Internet : A) - Une liste d’infos techniques où on trouve les nouveaux stages proposés. Tout adhérent d’un SEL ou JEU peut s’inscrire à cette liste et peut ainsi être au courant des nouvelles propositions de stages ou proposer lui-même un stage. Les correspondants, quant à eux, y sont obligatoirement inscrits pour pouvoir transmettre les infos. Cette liste contient environ 115 personnes. B) - Une liste de personnes qui désirent participer au fonctionnement de la Route des Stages, pour discuter ou aider au fonctionnement. Elle est composée de 9 personnes. Cette liste se nomme « RdSAdmin ». Actuellement, le catalogue de la Route des Stages est édité une fois par an, d’où l’intérêt du correspondant d’être inscrit sur la liste Internet pour être au courant des nouveautés. Pour finir, il est précisé que la Route des Stages n’est pas limitée à des stages : on peut aussi proposer une balade en bateau ou chercher des partenaires pour une randonnée, par exemple, ou encore, proposer à des adhérents lointains des demandes qui n’ont pas pu être satisfaites dans son propre SEL (arracher des mauvaises herbes chez adhérent bio...). Par ailleurs, la Route des Stages cherche un informaticien qui pourrait être capable d’écrire un programme pour automatiser la mise à jour du catalogue. Le Sel de Grenoble n’ayant pas de correspondant, je m’inscris pour le devenir.

Pour le reste de la journée, il n’y a rien d’inscrit sur mon cahier, la page est restée blanche... Je me rappelle avoir rencontré Geronimo, avoir tenue compagnie à Daniel, qui faisait la manche, habillé en Gaulois ; avoir écouté Pantaléo qui jouait avec les mots échange, transfert, réciprocité, multilatéralité...mais ce sont ses yeux rayonnants qui m’ont le plus charmée ... il y a eu une bourse d’échange pendant que je servais au bar... Il y eu aussi l’atelier pain, des bons pains confectionnés par les enfants et offerts pour notre repas. Ils étaient délicieux et j’en ai offerts deux jolis morceaux à mes deux amis inconnus...un super festin, comme chaque soir...des crises de rire au bal folk...pour finir par une courte nuit.

Samedi 30 août 2003

Je prends le petit déjeuner avec Geronimo et deux autres copines. Il est habillé en indien, il parle de nature, de philosophie indienne, de roue médecine, du calendrier Maya avec ses 13 lunes. À partir de notre date de naissance, il fait un calcul qui renvoie à un texte qu’il nous fait lire. Le texte qu’il me propose de lire est très beau, je peux y reconnaître les traits de mon caractère. Pour plus d’informations, se reporter au site : www.tortuga.com

10h00 : réunion plénière On fait un bref compte-rendu des ateliers de la veille. Je n’ai pas noté grand-chose :
-  Le vote de l’A.G. de la RDS n’a pas eu lieu comme prévu car les adhérents n’ont pas reçu de convocation. Il est reporté à Octobre, et se fera par correspondance
-  Atelier râlage : extrêmement riche sur le plan relationnel et sur le plan personnel. Le râleur est celui qui pense qu’il peut mieux faire que l’autre.

Les ateliers présentés aujourd’hui :

Matin :
-  Sel et autre monde possible : atelier qui participe au Forum Social Européen en Novembre.
-  Intersels 2004, prévus à Libourne
-  1994 - 2004, que sont les Sels devenus ?

Après-midi
-  A.G. plénière Sélidaire

Hors ateliers : · Présentation d’un logiciel libre par le Sel de Paris, pour gérer la comptabilité en unités locales via Internet. (Matin et Après-midi) Je n’ai pas pu y aller, mais on peut trouver une démo sur le site : www.sel-faubourg.org, on peut s’inscrire sur la liste : lest.sel-faubourg.org et le contact : clb@sel-faubourg.org

· Présentation des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne)

Je me rends à l’atelier Forum Social Européen : Depuis quelques années, depuis Seattle, il existe une mouvance altermondialiste « d’autres mondes sont possibles ». Ce mouvement est dans une phase ascendante, avec une phase forte dernièrement au Larzac. Ce mouvement expérimente, propose d’autres mondes possibles. La question qui se pose : Les Sels et Internationals Sels sont-ils parties prenantes de ce mouvement ? Déjà l’année dernière à l’Intersels, il avait été décidé de participer au Forum Social de Florence. Cette participation s’est faite sous forme d’ateliers avec les Sels, Lets, Sri (Italie), banque du temps,....des personnes ont dit que les Sels n’avaient rien à faire là-dedans, c’est la question que l’on se pose. Dans un premier temps : les Sels ont-ils leur place ? Dans un deuxième temps : si oui, qu’est-ce que l’on y fait ? ...il y a beaucoup d’infos... Il est décidé que l’on participera au Forum Social Européen, et ceci dans l’esprit de la charte... et en vrac, voici quelques interventions des uns et des autres :
- les sels et la politique : le sens de la politique c’est comment on règle la vie en société. Les sels sont donc dans le champ de la politique, qu’on le veuille ou non.
- il est important d’expliquer aux adhérents pourquoi on se situe dans un mouvement altermondialiste.
- il faut voir aussi que l’on peut faire fuir des gens
- Le FSE est l’occasion d’un double exercice au sein des sels : 1) - réflexion sur ce que nous sommes. 2) - Pouvoir le dire collectivement
- Se faire connaître à d’autres sels émergeants d’Europe de l’Est...
- Dans les sels, on est multi-appartenant. Pouvoir donner à voir que l’on est un laboratoire d’apprentissage de vie.
- Les sels sont une alternative à l’économie dominante, d’où notre place à St Denis.
- Au lieu du titre « un autre monde est possible », proposer « d’autres mondes sont possibles »
- Comment définir un seliste de base : quelqu’un qui reste dans son sel, qui ne vient pas à l’intersel, quelqu’un qui ne parle pas en réunion...
- Qu’est-ce que l’on veut dire dans ce forum ? Je pense que le système sel fonctionne, mais gentiment. Il serait intéressant de dégager des perspectives nouvelles, et qu’il y ait de la force.
- Proposition d’un texte, et la personne qui prend la parole au FSE s’en inspire, ça lui donne un cadre.
- On peut proposer un intervenant en plénière.
- Pour les séminaires, c’est 200 euros traduction comprise, on pourrait proposer un système d’échange
- Pour les ateliers, c’est gratuit et autogéré
- Il y a le village de l’économie sociale et solidaire. On a un lieu, l’usine, où il y a un restaurant solidaire et 27 stands distribués par grandes familles.
- Il y a aussi des stands distribués sur les 4 sites : 300 euros.
- Comme les frais sont élevés, pour pouvoir participer, il y a aussi la possibilité de faire connaître les sels en intervenant dans les séances.
- Se donner les moyens logistiques en personnes et matériels. Pour cela, il faut que les sels s’impliquent.
- A Annecy, où il y eu un Forum Social Local, il fallait aussi payer. On a négocié notre participation en échange de services.
- Les séminaires sont plus importants car ils touchent un public large et la visibilité est plus importante à la différence des ateliers où l’on est entre nous.
- Il faut trouver 500 euros pour les plénières.
- Faire un appel à bénévolat dans chaque sel. Il est important que les bénévoles sachent que le bénévolat est un instrument de négociation.
- Le sel d’Italie donne 100 euros de suite. Il est applaudi. Il reste 400 euros à trouver.
- Pantaléo se propose bénévole en traduction.
- On n’a pas encore de nom commun ? Sel, Lests, Sri...comment on dit échange en espéranto ?
- On peut proposer ou trouver un hébergement solidaire sur le site de planète solidaire
- il existe 2 listes : 1) - Pour les sels : forum-social-europeen@yahoogroupes.fr 2) - Pour toute organisation solidaire : fse-ecosol@socioeco.org

Présentation des AMAP :

Deux agricultrices sont venues nous présenter les AMAP : Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne. Historique : ce sont des choses qui existent depuis 40 ans au Japon, puis ça s’est développé au Canada, aux Etats-Unis, puis en France depuis 3 ans. Ça a démarré en France autour d’un paysan dans le Var qui était menacé d’expropriation. Il existe actuellement une vingtaine d’AMAP en France. Le principe de l’AMAP : Des producteurs bio ou tendance bio passent un partenariat avec un groupe de consommateurs, qui payent par avance leurs futurs produits. Le paysan est assuré que ce qu’il a semé sera vendu. Ça permet la sauvegarde des variétés animales et céréales. Car le paysan est capable de produire, mais il est incapable de vendre. Ça permet de créer des liens avec les fermiers, de retrouver le contact avec la terre. Quand l’agriculteur est soutenu par une AMAP, il se fiche du cours de la bourse, de l’OMC, etc. Le blé bio a chuté de 40%, car si votre boulanger vend du pain bio, il faut savoir que la farine peut provenir d’Ukraine ou d’Argentine. Fonctionnement de l’AMAP : C’est une association avec une charte. Il y a une distribution de colis tous les mois/mois ½. Par exemple, dans un colis avec 6kg de veau, on peut trouver 6 ou 7 escalopes, 6 ou 7 côtes, plus de la viande à rôtir. Les paysans y joignent aussi de temps en temps des recettes, car comme pour les « bas morceaux », on ne sait plus les cuisiner. Nos 2 agricultrices nous livrent un beau témoignage de leur expérience : au début de l’AMAP, elles se sont dit youpi, en voyant l’aspect économique de ce partenariat. Puis une belle expérience de partage s’est installée, où on avait le goût de la relation, le goût de l’humain. Il y a eu des visites à la ferme, avec les enfants...une des agricultrice nous raconte aussi que depuis toute petite, elle a l’habitude de l’abondance des arbres fruitiers, qu’il y a beaucoup de fruits en trop. Ça faisait partie de son paysage. Et puis avec l’AMAP, elle s’est rendue compte que ça pouvait profiter à d’autres, elle a organisé des pic-nics sous les pruniers, chacun repartant avec son panier rempli de prunes. Il y a eu aussi des week-ends organisés : le premier, on labourait son morceau de terre. On revenait ensuite pour planter sa pomme de terre. Puis quand les pommes de terre avaient poussé, on les cuisinait pour ensuite partager un bon repas des légumes qu’on avait jardinés.

En même temps que l’AMAP, Jean-Paul nous a présenté les CORPS (Comité d’Organisation des Repas Publics Sel’idaires).

Puis l’après-midi, il y a eu l’AG plénière de Sel’idaire avec l’ordre du jour : 1- Le comité Sel’idaire 2- La charte « esprit de sel » 3- Les ateliers Sel’idaire 4- Le conseil d’animation de Sel’idaire 5- Participation au FSE à Paris St Denis 6- L’intersels 2004 7- Questions diverses

Il est rappelé que dans l’assemblée plénière, on n’est pas mandaté pour voter, on est là pour faire des propositions qui seront soumises au sels. Il y aura donc un vote des sels par correspondance pour que ces propositions soient approuvées, c’est statutaire. Et il s’est dit beaucoup de choses...


Ces rencontres intersels prenaient fin, il y a eu les adieux, encore des discussions, des sourires, du partage, des adresses échangées, des adresses oubliées...

Voici donc le compte-rendu de mon vécu, mais j’ai oublié de vous parler aussi des clowns, de leurs spectacles, de leur service du repas... des repas à thèmes, du bon jambon de Bayonne... de la pièce de théâtre, trop morte de rire, des acteurs tellement naturels et tellement rigolos...des blagues...des chansons chantées par les enfants...des musiciens...d’Hélène et Jean-René, nos charmants hôtes, dans un lieu tout aussi accueillant...et j’en oublie encore et encore, tout ça pour vous dire que la vie est vraiment là, dans les rencontres intersels !


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