L’intelligence collective

atelier des rencontres annuelles de Libourne : par JF. Noubel*
vendredi 31 mars 2017
par Collectif TRANSVERSEL
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Juste 13 années sont passées depuis LIBOURNE 2004 Et c’est avec joie que je remets cet article en prime time sur notre site de Transversel... Daniel D. de la rédaction . Le 31 mars 2017

L’intelligence collective originelle C’est l’intelligence des animaux sociaux : les loups et les singes sont plus efficaces en groupes que tout seul. La meute de loups attrape des proies plus grosses. C’est une économie à solde positif. Dans les groupes humains, l’Intelligence Collective ( I.C.) existe au sein de petits groupes, tels qu’une équipe de foot, un groupe de jazz.

C’est l’émergence d’un tout On s’aperçoit qu’un tout émerge au-dessus des individus constituant le groupe. C’est l’esprit de groupe. Il faut un lieu pour faire émergence le tout : la salle de réunion, la scène de spectacle, le terrain de foot.

L’holoptisme Le terme se décompose en holos « le tout » et optisme « voir », donc voir le tout. Chacun des participants a accès instantanément à l’ensemble de l’information. L’information est transparente. Cette transparence de l’information permet de créer la mélodie globale de l’orchestre. La transparence ne suffit pas. Cela dépend de la qualité de la relation entre les membres du groupe.

Le polymorphisme Les relations dans le groupe peuvent changer au fur et à mesure de la transformation de la situation. Il s’agit d’une relation souple et fluide capable de s’adapter et de se transformer au mieux de la complexité de la situation. La question est de savoir qui dépend de qui. Quelle est la place de chacun en fonction de son expertise ? L’organisation peut être pyramidale et hiérarchique. C’est la hiérarchie qui donne l’information et chacun agit selon sa place dans la hiérarchie.

Le contrat social Il faut déterminer la règle du jeu tacite et explicite, qui donne la cohérence au groupe.

La gestion de l’erreur La règle doit permettre d’intégrer l’erreur et d’apprendre de l’erreur pour améliorer l’action du groupe.

L’économie du don Le groupe s’organise dans une convergence entre l’intérêt individuel et l’intérêt collectif. Les membres d’une équipe de foot font un don au collectif. On ne monnaye pas sa sueur.

Les objets en circulation Il faut définir l’objet de la réunion. Il faut un accord sur l’objet. Le groupe tourne autour d’un objet autour duquel les efforts du groupe convergent. Par exemple, l’équipe de foot tourne autour du ballon. Dans une réunion, l’objet est symbolique : il s’agit de l’objet de la réunion. Quand l’objet n’est pas clair, on ne sait pas faire.

Il y a trois sortes d’objets principaux :

-les objets miam-miam Ils représentent ce après quoi on court : l’argent, la proie pour les animaux

-les objets sorcières Ce sont les choses qui représentent un danger réel ou illusoire : le prédateur dans la nature, le terrorisme, les juifs, la mondialisation. Ces objets peuvent créer la cohésion du groupe, par exemple l’anti-mondialisation.

- les objets art Les objets art sont des objets qu’on crée et qu’on invente. La création est le propre de l’homme à la différence des animaux. Par exemple, on crée un SEL. Si tous ces points sont réunis, le groupe fonctionne. En tant qu’individu, on voit l’ensemble et on est inclus.

La limitation par le nombre Le nombre et la distance constituent des limites naturelles. Il faut être à proximité. Quand on est un petit groupe, cela fonctionne. Ce n’est plus le cas pour un grand groupe.

L’intelligence pyramidale Le système et les avantages Ce schéma repose sur la spécialisation résultant de la division sociale du travail et notamment sur l’accès à l’information. On n’a pas accès à tout. C’est l’autorité supérieure qui donne accès à l’information : dieu, un processus social, le diplôme ou le titre. C’est le domaine de la rareté et du contrôle. Les ressources sont rares : l’argent, l’information. L’autorité distribue les ressources. Le système repose sur un langage et sur des normes de fabrication. Les masses de données brutes sont transformées avec l’addition d’une plus-value. Pour acquérir ces normes et ce savoir-faire, il faut une discipline et un apprentissage. La contrainte crée la liberté et l’insertion dans le groupe. Le traitement de grandes masses de données permet des économies d’échelle.

Les inconvénients du système pyramidal Si le terrain change, le système pyramidal ne fonctionne plus. Il n’y a pas de polymorphisme. Tout est devenu rapide et complexe. Le système pyramidal ne suit pas. Pour gérer la complexité, il faut revenir à l’intelligence originelle. Or cela ne fonctionne pas dans les grands groupes. Dans les grands groupes l’information passe de la tête d’une organisation à une autre. Par contre ces informations ne sont pas transmis à la base ou la tête de l’organisation prend des décisions sans en informer sa base. On assiste à une scission entre la tête et la base de l’organisation. Les fruits sont détournés de la base vers le haut de la pyramide. On assiste à une fausse circulation de l’information.

Le panoptisme Le terme résulte de l’architecture en étoile des prisons. C’est l’échelon de garde central qui voit toute la prison, alors que les prisonniers enfermés dans leur cellule n’y ont pas accès. Le système repose sur des caissons étanches délocalisés. Chaque membre du groupe n’a plus accès à la perception de toute l’information.

La rareté La rareté légitime les autorités pyramidales. L’argent rare ne suffit à satisfaire les besoins du marché. La rareté stimule la compétitivité et aboutit à une surproduction, alors que les besoins ne sont pas satisfaits, parce qu’il n’y a pas assez de monnaie en circulation. Il en est de même pour l’emploi. Les banques créent la monnaie moyennant le versement d’intérêts. En pratique une masse énorme de monnaie est créée pour la spéculation. Il en reste une petite partie pour la satisfaction des besoins.

A quelles conditions l’intelligence collective originelle peut-elle fonctionner à grande échelle ? En ce qui concerne la monnaie, les SEL interviennent pour créer une monnaie suffisante au gré des besoins. Il faut ensuite que toutes les offres et les demandes soient connues. Il faut la transparence pour avoir une vue sur le tout. Il faut reconstituer l’ensemble de l’information pour le groupe. Ce qui a entraîné la chute des clubs de troc en Argentine, c’est l’absence de transparence sur ces offres. Cela a entraîné une crise de confiance en quelques semaines. C’est pour cette raison qu’il faut faire des comptes rendus de réunions pour faire circuler l’information et aboutir à la transparence. Il faut également l’économie du don au profit du collectif.

La technologie à grande échelle Internet permet la circulation de l’information à grande échelle de façon instantanée. Il permet également d’avoir accès aux meilleures pratiques. L’inconvénient est que la langue anglaise est majoritaire. Internet permet de fonctionner en réseau, ce qui entraîne une grande souplesse. Cela permet le polymorphisme s’adaptant à l’évolution de la complexité de la situation. C’est ce qu’on appelle l’interopérabilité.

Les logiciels libres Par la mise en réseau des expériences il est possible de créer des logiciels plus opérationnels que ceux de l’industrie. Il est possible d’inventer un système monétaire interne créant une monnaie suffisante. C’est le système des ordinateurs en essaim (swarm computing). Il est possible de créer :
- un univers de virtuel de jeux (mmog)
- une encyclopédie collective (wikipedia.org)
- SELIDAIRE pourrait être le site des SEL (selidaire.org)
- le site « the transitioner.org ». Sur lequel on peut trouver le manifeste des monnaies libres.
- Un projet de nouvelle grammaire


*J.F.Noubel vu par lui-même :

Jean-François Noubel est né en 1964 près de Paris. Très tôt il s’est intéressé aux grandes questions de l’humanité, à travers les approches scientifiques, philosophiques, artistiques et spirituelles.

Explorateur insatiable de l’existence, voyageur et aventurier pendant quinze ans, il se sent proche de Candide de Voltaire, qui, après de nombreuses et tumultueuses aventures dans le monde, finit par trouver sagesse et sérénité en cultivant son jardin.

Le jardin de Jean-François Noubel, c’est l’Intelligence Collective, prochaine étape de la grande aventure de l’humanité. Visionnaire, il a été l’un des fondateurs d’AOL France, puis a participé au développement de différentes entreprises hightech d’avant-garde.

Aujourd’hui il rassemble son expérience de vie, spirituelle, scientifique, corporelle, artistique, pour que l’Intelligence Collective soit comprise et utilisable par tous, et vécue comme évolution normale des organisations.

Jean-François Noubel écrit un livre sur le sujet, donne des conférences, organise des programmes de recherche et de formation, conseille les entreprises, et anime un réseau international de recherche et de réflexion (www.TheTransitioner.org).

Copyleft 2004 - Jean-François Noubel -

A vérifier en 2017. jf _arobase_ thetransitioner.org

Guide_Pratique_Intelligence_Collective_JFNoubel.doc (telechargeable sur le site : 40 pages mise à jour en permanence)


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