Les origines du JEU et le texte de EVEN sur l’ile des naufragés (en plusieurs chapitres)

Première publication en aout 2002 sur ce site.
samedi 5 août 2017
par Collectif TRANSVERSEL
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1er Chapitre : De la parabole à la réalité

Le système d’argent-dette, introduit par Martin dans l’Ile des Naufragés, faisait la petite communauté s’endetter financièrement ....

Système d’argent-dette

Le système d’argent-dette, introduit par Martin dans l’Ile des Naufragés, faisait la petite communauté s’endetter financièrement à mesure que, par son travail, elle développait et enrichissait l’Ile. N’est-ce pas exactement ce qui se produit dans nos pays civilisé ?

Le Canada actuel est certainement plus riche, de richesses réelles, qu’il y a 50 ans, ou 100 ans, ou qu’au temps des pionniers. Or, comparez la dette publique, la somme de toutes les dettes publiques du Canada d’aujourd’hui avec ce qu’était cette somme il y a 50 ans, il y a 100 ans, il y a trois siècles ! C’est pourtant la population canadienne elle-même qui, au cours des années, a produit l’enrichissement.

Pourquoi donc la tenir endettée pour le résultat de son travail ? Considérez, par exemple, le cas des écoles, des aqueducs municipaux, des ponts, des routes, et autres constructions de caractère public. Qui les construit ? Des constructeurs du pays. Qui fournit les matériaux ?

Des manufacturiers du pays.

Et pourquoi peuvent-ils ainsi s’employer à des travaux publics ? Parce qu’il y a d’autres travailleurs qui, eux, produisent des aliments, des vêtements, des chaussures, ou fournissent des services, que peuvent utiliser les constructeurs et les fabricants de matériaux. C’est donc bien la population, dans son ensemble, qui, par son travail de diverses sortes de produit toutes ces richesses. Si elle fait venir des choses de l’étranger, c’est en contrepartie de produits qu’elle-même fournit à l’étranger.

Or, que constate-t-on ?

Partout, on taxe les citoyens pour payer ces écoles, ces hôpitaux, ces ponts, ces routes et autres travaux publics. On fait donc la population, collectivement, payer ce que la population, collectivement, a elle même produit.

Payer plus que le prix Et ça ne s’arrête pas là. On fait la population payer plus que le prix de ce qu’elle a elle-même produit. Sa production, enrichissement réel, devient pour elle une dette chargée d’intérêts. Avec les années, la somme des intérêts peut égaler, ou même dépasser, le montant de la dette imposée par le système. I1 arrive qu’on fait ainsi la population payer deux fois, trois fois, le prix de ce qu’elle a elle-même produit.

Outre les dettes publiques, il y a aussi les dettes industrielles, elle aussi chargées d’intérêts. Elles forcent l’industriel, l’entrepreneur, à augmenter ses prix au delà du coût de production, pour pouvoir rembourser capital et intérêts, sans quoi il ferait banqueroute. Dettes publiques ou dettes industrielles, c’est toujours la population qui doit payer tout cela au système financier. Payer en taxes quand il s’agit de dettes publiques ; payer en prix quand il s’agit de dettes industrielles. Les prix gonflent pendant que les taxes aplatissent le porte-monnaie.

Système tyrannique

Tout cela et bien d’autres choses indiquent bien un système d’argent, un système de finance, qui commande au lieu de servir et qui tient la population sous sa domination - comme Martin tenait les gars de l’Ile sous sa domination avant qu’ils se révoltent.

Et si les contrôleurs de l’argent refusent de prêter, ou s’il y mettent des conditions trop difficiles pour les corps publics ou pour les industriels, qu’arrive-t-il ? I1 arrive que les corps publics renoncent à des projets qui sont pourtant urgents ; il arrive que les industriels renoncent à des développements ou des productions qui répondraient pourtant à des besoins. Et cela cause du chômage. Et pour empêcher les chômeurs de crever tout à fait, il faut taxer ceux qui ont encore quelque chose ou qui gagnent encore un salaire.

Peut-on imaginer un système plus tyrannique, dont les maléfices se font sentir sur toute la population ? Obstacle à la distribution

Et ce n’est pas tout.

A part d’endetter la production qu’il finance, ou de paralyser celle qu’il refuse de financer, le système d’argent est un mauvais instrument financier de distribution des produits. On a beau avoir des magasins et des entrepôts pleins, on a beau avoir tout ce qu’il faut pour une production plus abondante encore, la distribution des produits est rationnée.

Pour obtenir les produits, en effet, il faut les payer. Devant des produits abondants, il faudrait une abondance d’argent dans les porte-monnaie. Mais ce n’est pas le cas. Le système met toujours plus de prix sur les produits que d’argent dans les porte-monnaie du public qui a besoin de ces produits. La capacité de payer n’est pas équivalente à la capacité de produire. La finance n’est pas en accord avec la réalité. La réalité, ce sont des produits abondants et faciles à faire. La finance, c’est de l’argent rationné et difficile à obtenir.

Corriger ce qui est vicié

Le système d’argent actuel est donc vraiment un système punitif, au lieu d’être un système de service. Cela ne veut pas dire qu’il faut le supprimer, mais le corriger.

C’est ce que ferait magnifiquement l’application des principes financiers connus sous le nom de Crédit Social. (Ne pas confondre avec le parti politique qui prend faussement ce nom.)


Ceci est la première partie du texte de Louis EVEN (Québec)

à suivre .... suite mis en ligne début septembre 2002 sur ce site.

Mis à jour aout 2017 et avec plus de 4500 visites


Commentaires

Logo de Marc St-Cyr
samedi 15 février 2003 à 04h23, par  Marc St-Cyr

J’ai personellement connu Louis Even
meme si j’avais 10 ans quand il est décédé.C’est un grand maitre.
C’est certain que je suis un Créditiste convaicu depuis toujours.

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