Un écovillage d’accueil solidaire à Yakouta.

Ecovllage d’accueil solidaire
mercredi 18 octobre 2006
par ouedraogo raogo jean
popularité : 1%

Je remercie toutes les personnes qui ont rendu ce stage possible et m’ont encadré tout au long de ma démarche, en particulier Jean OUEDRAOGO, coordinateur et fondateur de l’association ITINERANCE ainsi que Armelle LABADIE, présidente de l’association ; merci également à mon enseignant encadrant Vincent PLAUCHU, pour son soutien et sa patience.

II/ diagnostic territorial

2.1. Etude géographique JPEG - 23.2 ko 2.1.1. Yakouta : un village centre

Situation géographique

La zone d’intervention du projet TEAS, se trouve en Afrique, au Burkina Faso dans la région du Sahel et plus précisément dans le village de Yakouta.

La région du Sahel est limitée au Nord par la République du Mali, au Nord-Est par la République du Niger, au Sud par les régions de l’Est et du Centre Nord, à l’Ouest par la région du Nord. Elle compte 4 provinces (Oudalan, Séno, Soum et Yagha), 26 départements et 556 villages. Sa capitale régionale Dori, est un centre administratif important depuis l’époque coloniale. Le village de Yakouta se situe dans la province du Séno et est rattaché administrativement à la ville de Dori.

Les limites physiques ne sont pas clairement définies puisque le village de Yakouta n’est pas encore loti. (Repérage topographique et détermination des titres de propriétés). Aucune carte, même au niveau des archives du cadastre de Ouagadougou et celui de Dori, ne montre les limites précises de la zone d’intervention.

Accessibilité

La distance qui sépare Yakouta de la capitale Ouagadougou est de 272 km en passant par Dori. La route nationale qui relie Ouagadougou de Dori, vient d’être terminée, ce qui facilite l’accès au nord du pays et favorise son désenclavement. Yakouta se trouve à 11km de Dori sur la route nationale de Dori-Arbinda/Djibo. Cette route n’est pas encore goudronnée mais la piste en terre battue qui relie les deux villes est en bon état donc le territoire est facilement accessible. Les onze villages qui seront intégrés au projet TEAS, sont dispersés sur une trentaine de kilomètres aux alentours du barrage de Yakouta. Certains se situent le long de la RN, tandis que d’autres sont plus éloignés et ne sont accessibles que par des pistes tracées dans le sable par le passage des charrettes. L’accessibilité de ces villages durant la saison pluvieuse est très difficile, voir parfois impossible en cas de forte pluie, et cela entraîne de nombreuses conséquences sur leurs activités économiques. Les principaux moyens de déplacement utilisés sont la moto, la charrette, le vélo ou encore le 4X4. Les villageois se déplacent presque tous les jours à pied pour aller aux champs ou à la ville.

2.1.2. Un milieu physique de type sahélien

Géomorphologie

La zone de Dori se caractérise, à l’encontre d’autres régions du Burkina, par l’apparition de cordons dunaires. La formation végétale est essentiellement constituée de la steppe arborée et arbustive ; le fourré tigré ou brousse tigrée ; la steppe herbeuse et la savane arbustive.

Pédologie

Dans la région étudiée, le relief se caractérise essentiellement par des plaines uniformes très usées, accidentées. Il est recouvert d’un manteau de sable éolien formant des cordons dunaires (erg), d’orientation Est-Ouest qui entrecoupent les cours d’eau donnant de nombreuses mares. Ce sont ces cordons dunaires caractéristiques de la région du Sahel, qui ont donné le nom de « SENO » (dune) à la province.

Le noyau du village de Yakouta se situe sur une dune stabilisée de direction Est-Ouest située dans la partie Sud du terroir.

Autour de la zone d’étude, les principaux sols que l’on peut trouver sont :
-  sols sableux (dunes mortes et vides),
-  les sols alluvionnaires qui se trouvent dans les bas-fonds (représentent une contrainte à la culture du sorgho notamment due à une forte érosion),
-  les sols sablo-argileux (la culture du mil y trouve son optimum de croissance),
-  les sols limoneux ou limoneux-sableux,
-  les sols latéritiques. Ces sols représentent certaines contraintes. En effet, ils sont de faible profondeur (moins de 40 cm) et gravillonnaires, ce qui favorise un risque de dégradation irréversible par l’érosion hybride. Les ergs récents sont également particulièrement sensibles à l’érosion éolienne. Et enfin, le fait d’une pluviométrie insuffisante ne fait qu’ajouter une contrainte à ces sols qui ont déjà des propriétés physiques défavorables.

Hydrographie

Le déficit pluviométrique est la principale cause de la baisse des nappes phréatiques du Séno. La présence de ces nappes d’eau est surtout due à la texture sablonneuse qui rend le sol perméable à l’eau. Elle favorise l’infiltration sous terre et l’eau se dépose ainsi en nappe. Le débit de ces nappes peut varier entre 5 à 6 m3/heure avec souvent un record de 20 m3/heure. (Source : BUMIGEB/DORI).

Les cours d’eau sont temporaires et drainent les eaux de pluies vers le fleuve Niger. Quelques barrages et mares plus ou moins permanents constituent des sources d’eau très importantes pour la population. Le récent barrage de Yakouta (2005) a été construit pour répondre à l’approvisionnement en eau potable de la ville de Dori ainsi que les 12 villages environnants, dont le plus éloigné est à 5km.

Le projet financé par la République de Chine Taipei permet d’obtenir une retenue d’eau permanente de 26,5 millions de mètres cubes, soit 1600 ha.

Un climat instable

Dans la région du Sahel, il y a deux saisons, dont une saison pluvieuse très instable allant de juin/ juillet à septembre/octobre, et une saison sèche qui peut durer 9 mois.

Les températures minimales enregistrées sont de 6° et 7°C pendant les nuits de décembre à janvier et atteignent un maximum de 45°C sous abri pendant la journée d’avril à juin. La saison des pluies amène un abaissement notable des températures diurnes mais les écarts avec les températures nocturnes sont faibles : 23° et 32°C. Les deux mois les plus humides du pré et post-hivernages sont les plus pénibles à supporter et, seuls janvier et février bénéficient d’une température clémente et même fraîche, lorsque l’harmattan, vent sec de secteur Nord-Est, s’accompagne d’une brume qui atténue l’insolation. Ce vent, chargé de poussière, exerce une forte influence sur le degré hygrométrique de l’air. Il dégrade les sols laissés nu par les mauvaises pratiques culturales.

Pendant cette période, l’activité est au ralentie pour une majorité de la population qui n’a que l’agriculture comme activité essentielle. L’évolution du climat de notre zone d’étude est très significative. Sahélo-soudanien jusque dans les années 60, il est depuis devenu nord sahélien.

Des précipitations irrégulières

L’importance et la répartition des précipitations sont très irrégulières. D’une année à l’autre, les hauteurs d’eau peuvent varier du simple au double, et le début de la saison humide peut avoir un ou deux mois d’avance ou de retard.

Les épisodes pluvieux provoquant des pluies pendant plusieurs jours consécutifs sont rares au Sahel. Il existe cependant deux types d’épisodes pluvieux :

- les averses de début et de fin de saison des pluies (mai/juin, septembre) qui sont généralement des pluies violentes et de courte durée. Elles sont souvent précédées de vents de sable particulièrement spectaculaires. Ces pluies ainsi que les vents de sable ont une force érosive importante. Le ruissellement qui en résulte alimente les mares et les barrages.

- En milieu de saison des pluies (fin juillet/août) les lignes de grains s’étalent sur plusieurs kilomètres et produisent des épisodes assez longs (plusieurs heures) d’intensité moyenne. Ces trains d’averses peuvent s’observer sur un ou deux jours consécutifs. Ces pluies alimentent notamment l’humidité du sol.

Mais à Yakouta, les données recueillies ces dernières années montrent une nette régression de la pluviométrie d’année en année. De 552 mm en 1998, un peu au-dessus de la moyenne décennale (451mm), elle est passée à 269mm en 2000, l’année décennale sèche. Les conséquences négatives de cette réduction des pluies sont accrues par les fortes températures qui réchauffent les sols sableux (29,6°C en moyenne et 36,2°C en mai) et par le souffle continu de l’harmattan. Tous les points d’eau de surface sont temporaires mais connaissent des crues violentes.

2.1.3. Dégradation des ressources naturelles

Ressources en eau

Au Sahel, la sécurité alimentaire s’appuie en général sur la disponibilité des ressources en eau et en partie sur la contribution de la petite et moyenne irrigation. Devant la rareté des points d’eau de surface et la baisse progressive des nappes souterraines, la maîtrise de ces ressources devient essentielle pour le développement de la région.

Aussi, la connaissance des ressources en eau et l’identification des besoins s’imposent-elles comme l’une des conditions de l’essor économique et social du Sahel.

Jusqu’à présent aucune activité liée à l’eau n’était pratiquée dans la localité malgré l’existence d’une mare et d’un cours d’eau qui traversait le village. Mais depuis la construction du barrage, en 2005, l’eau de la mare est retenue et son utilisation est désormais possible.

Ce qui a engendré ces dernières années, la progression des cultures maraîchères avec la mise en place de pépinières autour du barrage, ainsi que des systèmes d’irrigation pour l’agriculture.

Ressources forestières

Le Sahel a des ressources forestières suffisantes pour encore longtemps car la production forestière est importante, surtout au niveau des centres habités (plantations, etc....). Cependant, il faut aller de plus en plus loin pour trouver du bois mort.

L’importance de l’activité forestière est aussi une garantie pour l’avenir et les populations sont de plus en plus sensibilisées à la protection de leurs ressources naturelles, notamment dans les programmes de lutte contre la désertification.

Selon le projet japonais JALDA-DORI (2000) de lutte contre la désertification, le village de Yakouta a une superficie estimée à 5377.69 ha. Les zones boisées ou de forêt représentent 18.08% du territoire, les terrains dénudés 49.86%, les champs 19.69%, et les habitations 0.29%. Ces zones de forêt (972.53 ha) se trouvant essentiellement dans le bas-fond autour du barrage.

Les ressources forestières à Yakouta sont utilisées de deux façons :

- les utilisations domestiques, c’est-à-dire l’exploitation des produits ligneux (feuilles, fleurs, racines, écorces), la pharmacopée et la récolte des sous produits forestiers : gomme arabique ;

- l’exploitation forestière commerciale qui s’effectue selon la réglementation forestière en vigueur au Burkina Faso. Elle se manifeste par les actions de certains artisans pour la fabrication des lits en bois (Tara), lits gaobès, chaises, des mortiers, tabourets, des perches, fourches et bois de chauffe.

Ressources en pâturages

La région du Sahel est avant tout une région d’élevage (bovins et caprins). Les Peuhls y sont soit des éleveurs nomades qui se livrent exclusivement à l’élevage, soit des semi-nomades et des sédentaires, le plus souvent agropasteurs.

Quelques jachères dunaires sont exploitées comme pâturage à côté des sols de glacis, les buttes et relief, mais les principales zones de pâturage sont les enclaves de jachères et les zones non occupées par les champs. Celles-ci tendent à disparaître avec la diminution de la mise en jachère et par l’occupation de toutes les terres cultivables.

Ainsi, cette terre de transhumance voit sa végétation péricliter et son sol s’appauvrir sous les effets d’un pâturage excessif, et la taille des cheptels ayant augmenté grâce à de meilleurs soins vétérinaires et à des puits plus nombreux.

La facilité d’accès, l’attrait du paysage et l’installation récente du barrage en 2005, ont permis à Yakouta de devenir un village-centre, c’est-à-dire un point stratégique de développement pour la province. Cependant, la région du Sahel connaît des conditions climatiques difficiles et une dégradation de ses ressources naturelles, notamment dû à l’avancée du désert et à une forte anthropisation du milieu.

C’est pourquoi le projet TEAS vise à favoriser l’activité économique de ces terroirs en insistant sur une meilleure gestion de ces ressources.

donc ceux ci n’est une partie du travail que j’ai éffectué pendant 3 mois au sein de l’association Itinerance sur la mise en place d’écovillage d’accueil solidaire. JPEG - 23.2 ko

Pour plus d’info contacter l’association Iitinerance au :

00226 78 90 12 12 70 37 58 38

itinerance24@yahoo.fr

http://www.itinerance.site.cx

Le coordinateur&fondateur

Jean raogo ouedraogo

jeanorj4@yahoo.fr

Ecovillage

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Nom et Prénom de l’auteur : VIRTEL Elisa

Titre du mémoire : Mise en place d’un projet ecovillage et de tourisme solidaire dans la région du Sahel

Nature du diplôme : Master 2 en Sciences du Territoire

Lieu et date de soutenance : Université Pierre Mendès

France, Grenoble 2, Octobre 2006

Nombre de pages : 71


Remerciements :

Je porte ma plus profonde reconnaissance à Moussa, le traducteur de l’association qui a participé à l’ensemble de l’étude et sans qui ce travail n’aurait pu voir le jour.

Je remercie également tous les acteurs locaux de la zone de Dori (les membres des associations et groupements, les acteurs économiques, les agents des services techniques, les villageois), ainsi que les différents services à Ouagadougou pour leur collaboration et le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer.

Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont fait de ce séjour une expérience unique : mes parents, ma grand-mère, Edith, Aurélie, Corinne, Fred, Audrey, Anne, Anaïs, Johan, Sylvain, Didi, Mamoud, Rozenne, Doriane, Gérald, Jacob, Lassiné, Tanguy, Madeleine, Thibault, Rasmata, les personnages du Jardin de l’Amitié, et bien sûr le Music Hall...

Enfin, merci au pays des hommes intègres qui porte bien son nom et à son coupé décalé international !!!!!


Documents joints

page de présentation mémoire
page de présentation mémoire
mémoire Elisa virtel
mémoire Elisa virtel

Commentaires

Logo de ouedraogo raogo jean
vendredi 3 novembre 2006 à 13h51, par  ouedraogo raogo jean

l’association ITINERANCE DANS LE CADRE DE LA MISE EN LACE DU centre d’hebregement et autres conctruction dans le cadre du projet TEAS
va prendre les services de l’asociation voûtre nubienne qui va assure la construction de ses batiments,ecologique en terre.
pour plus d’info rendez vous sur leur site...
www.lavoutenubienne.org

amicalement
le coordinateur projet
jean raogo ouedraogo

Logo de burkinaphiliae
dimanche 22 octobre 2006 à 14h25, par  burkinaphiliae

Le coupé-décalé n’est pas du pays des Hommes Intègres, mais de la Côte d’Ivoire et si vous connaissiez le sens profond de cette danse et surtout toutes les pratiques et la mentalité qui y sont liées, vous ne feriez pas cette erreur .....
Il y a bien d’autres choses typiquement burkinabè plus belles et dignes, découvrzz-les dès que possible.
coupé-décalé et intégrité sont parfaitement antinomiques !!!!!!!

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