Etat, monnaie et déficit public : du pur Madoff ?

Le scandale de la création monétaire privée.
jeudi 12 mars 2009
par B.Lemaire
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- Les banques, commerciales ou d’affaires, sont en effet les seules institutions à pouvoir créer ex nihilo de l’argent-monnaie...
- Dans son plan de relance et d’aide aux banques, l’Etat français emprunte à des banques (privées), ou sur le marché financier, pour re-prêter, éventuellement à ces mêmes banques, l’argent qu’elles ont partiellement créé. Du vrai Madoff...

L’Etat et le système bancaire de création monétaire.
- En creusant toujours un peu plus le mécanisme monétaire, et plus précisément les mécanismes ’légaux’ de création monétaire, que constate t-on ?
- Pour des raisons difficiles à expliquer techniquement - et comme je ne veux pas faire d’idéologie ici, je laisse au lecteur le soin d’avancer sur les pistes de réflexion que ce constat lui suggèrera - la France a abandonné (en 1973) son privilège de ’battre monnaie’ - en dehors de la monnaie fiduciaire, qui ne représente plus qu’environ 8% de la masse monétaire circulant en France.

- Plus précisément, les seules organisations ayant ce privilège sont des banques (dits de deuxième rang, la Banque de France ayant gardé le titre honorifique de ’banque de premier rang’). Les banques, commerciales ou d’affaires, sont en effet les seules institutions à pouvoir créer ex nihilo de l’argent-monnaie. Il y a quelques contraintes, c’est vrai, mais cela ne change pas grand chose à ce constat : "les prêts (ou crédits) des banques font les dépôts", et donc ce sont les banques qui gèrent, plus ou moins bien, les variations de la masse monétaire.

- Même si l’on pense, comme l’auteur de ce billet, que les entreprises privées sont souvent plus efficaces que le secteur public, il est difficile de ne pas imaginer que les entreprises - les banques - qui touchent automatiquement de l’argent (l’intérêt des prêts consentis) dès lors qu’elles prêtent un argent - qu’elles ne possèdent pas, puisqu’elles le créent - ne soient pas quelque peu tentées de prêter un maximum d’argent à un taux maximum.

- Ce n’est pas le remboursement du principal qui les intéresse, mais simplement le fait que les emprunteurs leur rembourseront les intérêts, cette fois-ci en ’vraie valeur’, gagée sur une production réelle de biens et services. Je veux bien croire que les banquiers sont au dessus de tout soupçon, voire de véritables saints laiques : mais pour résister à une telle tentation, il faut vraiment que ce soit des sur-hommes.

Un service public fondamental, celui de ’battre monnaie’, sous-traité au secteur privé.
- Ce n’est donc pas faire un procès aux banques de dire que ce privilège semble exorbitant, quels que soient les contrôles qui pourraient être - ou qui ont été - instaurés pour inciter les banquiers à ’rester dans les clous’ du service public. La ’nationalisation des banques’ décidée en 1981 n’était sans doute pas complètement stupide, même s’il y avait beaucoup plus simple : Redonner à la puissance publique le soin de ’battre monnaie’.

L’Etat se tire une balle dans le pied : à qui profite le crime.
- Mieux encore, si l’on peut dire. Par un décret de 1976, R. Barre, le ’meilleur économiste de France’ d’après le président de l’époque, V. Giscard d’Estaing, décide par ailleurs que l’Etat français remboursera ses emprunts au delà de leur seule valeur actualisée par l’inflation.

- Dit autrement, cela signifie que R. Barre, qui cumulait les fonctions de premier ministre et de ministre de l’Economie et des Finances, prend la décision, jamais remise en question depuis, que l’Etat français, en plus de ne plus pouvoir battre monnaie, paiera un intérêt positif à ses créanciers.

- Pour en finir avec le panorama du système financier, au moins en ce qui concerne son impact sur l’évolution de la masse monétaire, apportons encore deux précisions.

- D’autres institutions financières, mais n’ayant pas le statut de banques, (comme les Caisses d’Epargne avant 1999 en France) peuvent elles aussi prêter de l’argent, mais, dans ce contexte, ce sont effectivement ’les "dépôts" qui font les "prêts" ’. On peut éventuellement discuter sur le montant des taux pratiqués, mais le principe en lui-même n’est pas critiquable.

- Enfin, depuis le traité de Maastricht (et son article 104),l’Etat français a abandonné toute possibilité, au moins directe, d’avoir une politique monétaire indépendante.

- Que la théorie quantitative de la monnaie soit juste (ce que je crois pas, à moins de la considérer comme une simple tautologie, donc vide de sens : si l’on considère que la vitesse de circulation de la monnaie est une variable très fluctuante, sur laquelle l’Etat a fort peu d’influence, raisonner sur la quantité de monnaie émise n’a pas grand sens) ou non, l’Etat ne peut plus vraiment agir en ce domaine.

- Certains hommes politiques, éminents en leur temps, et qui ont pourtant contribué à, ou accepté, cette démission, commencent enfin à dire ’mezzo voce’ ce que l’homme de la rue, s’il était au courant, clamerait haut et fort.

- Ainsi Michel Rocard, à l’été 2008 (Université d’Eté du PS) :"Il ne peut y avoir de création de richesses sans anticipation monétaire ", a dit l’ancien Premier ministre en substance, soulignant que les critères de Maastricht nous ont poussé vers une économie extrêmement malthusienne. "Nous n’aurions pas du céder nos instruments d’intervention dans l’économie,[...], nous n’aurions pas du céder sur la Banque de France qui permettait à l’Etat d’émettre du crédit, alors qu’aujourd’hui il est contraint de l’emprunter aux banques privées...".

- Dans son plan de relance et d’aide aux banques, l’Etat français emprunte à des banques (privées), ou sur le marché financier, pour re-prêter, éventuellement à ces mêmes banques, l’argent qu’elles ont partiellement créé. Du vrai Madoff...

La boucle est bouclée, Ubu est roi (ainsi que le secteur financier).
- En poussant à peine un peu le raisonnement, on arriverait ainsi à la situation suivante.

- Dans un contexte de stabilité des prix, et de croissance de la production, il faut une augmentation de la masse monétaire (ce que seuls les banques peuvent faire). Pour cela, il faut s’endetter auprès des banques. Si le taux d’emprunt est supérieur au taux de croissance anticipé (ce qui est généralement le cas, dans un facteur 2 pour les entreprises, de 3 à 4 pour les ménages, parfois plus encore pour les prêts à la consommation), l’argent créé ne suffira pas, puisqu’il faudra bien rembourser, en plus du principal, censé payer l’augmentation de la production, l’intérêt demandé.

- D’où un surendettement continuel, avec une constatation évidente. La sphère bancaire s’enrichit aux dépens de la sphère réelle, "l’argent va à l’argent", les revenus ’non gagnés’ profitent plus de la croissance que les revenus ’gagnés’ (ceux qui correspondent à l’économie réelle). L’endettement des ménages, mais aussi du déficit public, augmente en conséquence, et tout ceci sans nécessairement lié au fait que l’état serait un mauvais gestionnaire. On appellera cela l’effet Raymond Barre, ou, en évitant de personnaliser le problème, l’effet des taux d’intérêt.

Une seule loi en économie, celle des taux d’intérêt.
- En fait, s’il y avait une seule loi en économie, pseudo-science qui essaye d’apparaître pour une science en se cachant derrière des raisonnement abscons, ce serait la suivante.

- Tout taux d’intérêt supérieur au taux de croissance anticipé pour la croissance future de la production des biens et services - à l’inflation près - est une ponction opérée de la sphère financière sur la sphère réelle, productive.

- En corollaire, l’endettement global de la sphère productive (dans laquelle je range l’Etat et ses services publics, même si leur efficacité n’est pas toujours au rendez-vous) ne peut jamais être totalement résorbé. C’est d’ailleurs ce qu’ont calculés A.-J. Holbecq et P. Derudder dans leur ouvrage "La dette publique, une affaire rentable".

Déficit et dette publics.
- Dans cet ouvrage, après avoir précisé que si la dette publique par habitant était certes considérable (18 500 euros pour chacun d’entre nous, fin 2006), il fallait rapprocher cette dette des actifs correspondant (l’ensemble des infrastructures publiques), évaluée à 166 000 euros (cf. OCDE), les auteurs affirment ceci.

- Pour eux, la dette publique, qui est passée en 26 ans, de 1980 à 2006, de 229 milliards d’euros (évaluation en euros 2006) à 1142 milliards, serait nulle si l’Etat s’était contenté de rembourser le principal de sa dette, sans intérêt.

- Ce calcul, que je n’ai pas vérifié en détail, paraît d’autant plus crédible que la France rembourse, bon an mal an, environ 40 milliards d’euros simplement en tant qu’intérêts dus, appelés pudiquement ’service de la dette’. Quarante milliards sur 26 ans, ce n’est pas loin, en effet - à une centaine de milliards près - des 1142 milliards de la dette cumulée de 2006.

Trois solutions pour sortir de la crise.
- Que l’Etat français soit conscient, ou non, d’avoir un comportement à la Madoff n’est pas le plus important. Ce qui importe à chacun d’entre nous, ce sont bien sûr les moyens éventuels de remédier à la dégradation de la situation économique et sociale de notre pays.

- 1) En ce qui concerne le déficit public, une première solution serait de décréter que les emprunts faits auprès de créanciers français ne rapporteraient plus d’intérêt. Les sommes dues resteraient dues, mais sans intérêt supplémentaire autre que ce qui correspondrait à l’augmentation du coût de la vie, comme avant le décret R. Barre.

- 2) Les banques n’auraient plus le privilège de ’battre monnaie’, elles redeviendraient de simples établissement financiers, qui ne peuvent prêter que ce dont elles disposent, la différence entre le taux auquel elles empruntent et le taux auquel elles prêtent ne pouvant dépasser le taux de croissance anticipé pour le PIB.

- 3) Un organisme financier, sous tutelle de l’état, rassemblant en son sein, à parité égale, les représentants des entreprises (non financières) et des consommateurs, aurait seul l’autorisation de créer "ex nihilo" de la monnaie. Le montant ainsi créé devrait correspondre aux anticipations et aux possibilités de croissance de la production, et serait réajusté tous les 15 jours ; L’INSEE pourrait être associé à cet organisme, en tant que consultant technique.

Comme mesures complémentaires,on pourrait imaginer :

- 4) qu’une partie de cette monnaie, voire la totalité, soit émise en monnaie ’fondante’, Geselienne, ce qui aurait deux avantages.
- Tout d’abord, une monnaie dont la perte de valeur, annoncée à l’avance, par exemple d’un demi-point par mois (6% par an) éviterait toute tentation de thésaurisation. - Ensuite, une telle mesure ne pourrait pas attirer sur la France les foudres de Bruxelles, puisque cette monnaie parallèle pourrait être entièrement dissociée de l’euro, et donc des critères de Maastrich et des traités européens.

- 5) que cette monnaie puisse partiellement, ou totalement, permettre de financer le Revenu Minimum de Dignité, (625 euros, ou 625 euros ’parallèles’, par mois) ce qui assurerait alors une véritable demande solvable de la part de ceux qui sont le plus dans le besoin.

B. Lemaire, professeur, HEC Paris.


Commentaires

Logo de johannes finckh
mercredi 17 juin 2009 à 23h47, par  johannes finckh

Le livre de Silvio Geselle est téléchargeable : Silvio-Gesell.DE/.AT
par ailleurs, je peux encore diffuser à mes frais et gratis le livre de Silvio Gesell "l’ordre économique naturel" -je dispose encore de quelques exemplaires : johannes.finckh@wanadoo.fr

Logo de Jean-Louis Magnol
mercredi 17 juin 2009 à 10h59, par  Jean-Louis Magnol

Je joins ce billet du blog de Johannes Finckh sur la monnaie telle qu’elle est vue par les vrais franchistes :

http://monnaiefondante.canalblog.co...

Je développerai par ailleurs ce qui s’est passé avec le WIR suisse qui, dès ses débuts, put fonctionner avec des billets WIR (monnaie fiduciaire parallèle) avant que ceci soit interdit par la BC suisse au seul profit de chèques WIR puis de cartes de crédit adossés au franc suisse.
Jean-Louis Magnol

p.s : je trouve dommage, Daniel, que tu ne permettes plus de liens directs sur des pages spécifiques de ton site. Pourquoi ?

Logo de Armand Stroh
jeudi 28 mai 2009 à 20h04, par  Armand Stroh

Pourquoi l’ "Etat" ( sans doute pas seulement l’ Etat français , mais de façon plus ou moins équivalente tous les Etats du monde capitaliste ) a-t-il fini par accepter , lors des différentes étapes décrites par Bernard Lemaire , de céder ainsi son pouvoir de créer de la monnaie au système bancaire privé ? C’est bien fondamentalement parce que les citoyens français , le "peuple" , à travers la représentation politique certes , mais le peuple quand même ( puisque nous prétendons être en démocratie ) , lui en a donné l’ordre ou du moins l’ autorisation légale.

Ne serait-il pas grand temps ici , comme en beaucoup d’autres matières, d’ aborder la question de fond : c’est bien parce qu’il existe parmi les citoyens français ( même si un certain nombre de financements proviennent de fonds de pensions ou d’autres sources étrangères ) , d’un côté des prêteurs qui ont l’ exigence de "gagner plus" que le simple remboursement du capital déposé , et de l’ autre des "emprunteurs" ou des "consommateurs de biens publics" qui, comme les consommateurs surendettés habituels, se laissent berner par la croyance en un "crédit facile" . Les Madoff comme les Tartuffe de toutes espèces savent comment amadouer soit d’un côté leurs petits complices qui pensent faire une "bonne affaire" , soit de l’autre les "victimes" en faisant miroiter aux "nécessiteux" la bienfaisance philanthropique miraculeuse de leurs prêts .

Pourquoi croyons-nous encore que les Français , par la vertu de la génétique franchouillarde ou des "Lumières" de leur histoire seraient des citoyens plus "vertueux" que ceux des autres pays , moins âpres au gain égoïste ou moins tentés par la facilité d’une consommation immédiate au-dessus de leurs moyens ?

Je suis bien sûr en gros d’accord avec l’ analyse faite dans cet article par Bernard Lemaire au sujet de cet abandon progressif aux sirènes de l’ "argent facile" , mais je suis beaucoup moins sûr que la crise actuelle suffise à modifier majoritairement en profondeur le comportement financier moyen des "citoyens-consommateurs" , et donc la pression électorale qu’ils exercent de fait ainsi sur la classe politique , soit en demandant , du côté de la droite , à conserver un "taux d’intérêt" suffisant et garanti pour accepter de prêter à l’ Etat , soit du côté de la gauche , pour une part de la population , de continuer à alimenter l’ illusion du "crédit facile" .

Pourquoi tous ceux qui sont suffisamment lucides pour voir comment fonctionne ce miroir aux alouettes ( et ce n’est pas difficile pour qui veut vraiment en être conscient ... ) , ne décideraient-ils pas désormais d’ arrêter cette farce ?

- Ceux qui veulent continuer à jouer au casino du "gagnant / perdant" s’ arrangeant entre eux ( avec leur propre lois et règlements et régulation de renards libres dans un poulailler libre : les "poules" espérant que les "renards" se fassent eux-mêmes suffisamment plumer , pour permettre à certaines "poules" d’ espérer , en toute "égalité des chances" , de se transformer à leur tour en renards ) : pourquoi interdirions-nous à ceux qui veulent jouer à ce jeu là de le faire ... ENTRE EUX , en "socialisant" leurs gains et leurs pertes ENTRE EUX ?

- Mais inversément , tous ceux qui , comme vous peut-être , ne veulent ni s’enrichir au dépends des autres , ni se bercer d’ illusions en demandant à un Etat-Providence de leur fournir "toutes cuites" les poules que leur "renardise" défaillante n’ a pas su attraper , mais qui veulent simplement pouvoir progresser en commun sur une base de "Liberté , Egalité, Fraternité" en prenant librement au sérieux une égalité fondamentale des droits et de l’ accès aux ressources , en mutualisant sur une base de contribution équivalente les risques de la vie ordinaire , pourraient désormais choisir de développer beaucoup plus fortement leurs formes associatives d’ "économie solidaire" , et notamment , s’agissant de la question des services bancaires, d’avoir leur propre "crédit mutuel , éthique et solidaire ..." , duquel ils n’ attendraient évidemment pas illusoirement qu’il leur "rapporte" comme une banque capitaliste ordinaire le prétend .

Autrement dit , l’ analyse de Bernard Lemaire ne devrait-elle pas nous conduire , non plus à nous tourner vers les anciens "Etats" , qui ne peuvent désormais que gérer le "consensus" mou d’intérêts sociaux égoïstes ou corporatistes contradictoires ( un coup à gauche , un coup à droite, etc. ) , mais bien compter de plus en plus sur nos propres forces potentielles : toutes celles qui émergent dans les multiples propositions de nouveaux liens d’ échange , culturels , sociaux , économiques , mais tous basés sur une même LIBRE ADHESION PERSONNELLE à un principe général d’ "égale liberté" , dont il s’agit désormais de permettre entre "nous" la reconnaissance mutuelle et réciproque.

Pourquoi aurions nous encore besoin de convaincre les "autres" ? Les multiples formes d’ échanges non capitalistes qui s’ expérimentent depuis un certain temps déjà et peuvent aujourd’hui s’amplifier à l’ occasion conjoncturelle de la "crise " actuelle , peuvent créer progressivement , à l’ échelle mondialisée , un réseau de solidarités humaines de type nouveau , privilégiant non plus les anciennes appartenances communautaires , ni celles des "Etats-Nations" , mais bien cette commune mais libre adhésion personnelle à un développement de notre commune et égale liberté personnelle et donc au développement "durable" des moyens et ressources réelles d’un tel projet .
Pourquoi aurions-nous besoin de perdre du temps , de l’ énergie psychologique et sociale , à vouloir à tout prix imposer nos idées au niveau d’un supposé pouvoir politique "étatique" à d’autres qui eux-mêmes n’ auraient de cesse en permanence que de nous en empêcher ?

Faisons en sorte que quelques soient aujourd’hui les "décisions politiques" des "Etats" , notre propre projet puisse à tous les coups se baser simplement sur les ressources propres de notre réseau généralisé suffisamment "identifiable " ( dans toute la diversité culturelle que cela suppose cependant d’accepter ) pour que chacun puisse décider en connaissance de cause d’y participer au degré qu’il souhaite ( mais de cesser désormais de vouloir à la fois le beurre et l’ argent du beurre ... et ... ) et donc de "profiter" sans doute des effets synergiques d’une solidarité multiforme et "plastique" à laquelle il est alors par définition d’accord aussi de contribuer dans un cadre global de reconnaissance d’ "égale liberté" individuelle universalisable.

Car bien évidemment , par définition même du type de réseaux solidaires que nous imaginons, il ne peut y avoir de "concurrence" entre ces réseaux , ils ne peuvent que contribuer , chacun en fonction de la libre auto-organisation des apports de ses membres , à la constitution de ce nouveau tissu de liens sociaux "néo-humanistes" , certes potentiellement universalisable à l’ ensemble de l’ humanité , mais seulement sur la base de la libre volonté personnelle de chaque être humain qui s’y engage à sa façon et suivant ses possibilités propres.

Pourquoi nous plaindre alors que le pouvoir de créer de la monnaie ait échappé aux Etats ?
Créons notre propre monnaie polymorphe . C’est bien ce qui est progressivement en train de se passer dans tous les systèmes d’échanges de biens et de services qui ne passent plus obligatoirement par l’ intermédiaire d’une monnaie officielle cotée ...
La vraie question est pour nous : comment assurer entre nous une telle confiance en notre propre projet commun , à la fois symbolique et "matériellement" suffisamment "garantie" :
Comment inventer des supports contractuels réciproques où le "filou" qui se cache en chacun de nous ne pourra pas chercher à tirer insidieusement un avantage indu de la situation d’ échange ? La simple idée habituelle du "libre-échange" marchand n’est bien évidemment pas suffisante , même entre des partenaires librement associés sur un principe d’ égalité et de solidarité réciproque.

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dimanche 24 mai 2009 à 14h47, par  Sylvaint3

Même si les banques de second rang créent de la monnaie elles sont sous la politique de la banque centrale donc accusons plutôt les politiques des banques centrales que l exécution faite par les banques de second rang.

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