LE SENS de la MONNAIE

intervention de Patrick Viveret
lundi 18 novembre 2002
par Collectif TRANSVERSEL
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EDITO : La semaine continue bien avec un programme sérieux…bien sûr puisque notre invité aujourd’hui interviendra à l’Institut d’Etudes Politiques de Pessac. Et je vous assure que faire un compte-rendu après une prestation comme nous a offert Patrick Viveret n’est vraiment pas facile. S’il y a d’autres volontaires…qui ont pris des notes ou qui ont une bonne mémoire je les laisserai volontiers compléter ce dossier.

Tout d’abord …

- Qui est Patrick Viveret.. ? Et sur quoi a-t-il œuvrer ces derniers temps…. Ancien rédacteur en chef de Transversales Science Culture, Directeur du Centre international Pierre Mendès-France (CIPMF), était chargé par Guy Hascoët d’une mission sur les nouveaux facteurs de richesse pour lequel il a remis un rapport

Actuellement, en France comme dans la plupart des pays développés, le débat est intense autour de moyens alternatifs pour appréhender la richesse et le bien-être.

- L’économiste Jean Gadrey avait organisé un colloque sur ce thème à Lille fin 2001, tandis que Patrick Viveret a remis un rapport début 2002 à Guy Hascoët, le secrétaire d’Etat à l’Economie solidaire, sur les moyens de « reconsidérer la richesse », un sujet sur lequel travaille également de façon approfondie l’économiste Bernard Perret. (article sur Alternatives Economiques n°202)

Pour en savoir plus sur Internet….
- www.place-publique.fr/esp/ri... : une note de Jean Gadrey sur les indicateurs de richesse.

- www.social.gouv.fr/economie-... : « Reconsidérer la richesse », le rapport de Patrick Viveret.

- www.undp.org/hdr2001 : le Rapport mondial sur le développement humain 2001, du Pnud.

Pour bien comprendre les indicateurs du développement il est nécessaire de lire ce qui suit…

Cela fait parti des enjeux de la représentation de la richesse.

- 1) Recherches sur l’objet provisoirement dénommé " indicateurs de développement " comme objet social et technique associé à une histoire, à des acteurs, à des réseaux et à des institutions, à des conflits, à des usages et des pratiques, à des représentations de la richesse et du progrès, à des valeurs et croyances, à des effets non intentionnels ou " pervers ", à des phénomènes de confiscation par des experts, de fétichisation, de manipulation, etc. De tels objets sont construits par des jeux sociaux qui sont aussi des jeux de pouvoir, et ils contribuent à orienter d’autres jeux. On peut les considérer selon les cas comme des outils (de connaissance, de domination, de justification, de compromis..), des règles, des conventions, des " technologies invisibles ", des innovations. Il ne font pas qu’ "indiquer " des réalités, ils indiquent aussi des visions de ce qui compte et de ce qu’il faut compter. Ils ont des cycles de vie, il y a des effets de mode, des effets de domination et d’imposition, des institutions, des offres et des demandes (des " marchés ?), des processus de diffusion.

- 2) Recherches autour et à partir de la comptabilité nationale comme cadre de référence : est-il possible et jusqu’à quel point de construire et de promouvoir l’usage de comptes nationaux " corrigés ", afin d’y intégrer des éléments actuellement ignorés (sauf éventuellement dans des " comptes satellite "), de tenir compte de " coûts " divers (sociaux, environnementaux…) liés à des " effets externes ", à des dégradations de certaines ressources ou de certains patrimoines ? Peut-on réviser la conception et la mesure du " produit réel" de certaines activités (la santé, l’éducation, les services sociaux...) pour mieux prendre en compte la contribution de ces activités à l’amélioration de " l’état des choses ", voire du bien-être ? Que penser de la montée actuelle d’une contestation de la " dictature du PIB " comme indicateur de progrès, des débats américains et internationaux sur les incertitudes de la mesure du niveau de vie, de l’indice du coût de la vie... ?

- 3) Recherches " sectorielles " sur les indicateurs et les bilans par grands " domaines de la vie " sociale ou du bien-être individuel et collectif, tels que la santé, l’éducation, le travail et les conditions de travail, la vie familiale, l’environnement... Ces travaux ont souvent pour objectif de créer un véritable système d’information de statistiques sociales (au niveau local, national ou international) en vue du pilotage de politiques publiques.

- 4) Recherches sur les indicateurs d’inégalités, de pauvreté et/ou d’exclusion, lorsqu’ils apparaissent comme des composantes essentielles de " bilans de développement " ou d’indicateurs synthétiques, et lorsque la conception de la richesse sous-jacente fait une large place aux réflexions sur l’égalité, l’équité, la pauvreté, etc. La littérature dans ce domaine est immense et il serait vain de citer quelques exemples de travaux sélectionnés. Parmi les institutions internationales qui ont récemment œuvré dans ce sens, on peut citer le PNUD et la Banque Mondiale, dont l’important " Rapport sur le développement dans le monde, 2000/2001 " est intitulé " Combattre la pauvreté ".

- 5) Concepts et indicateurs censés représenter certaines qualités du lien social ou sociétal en termes de " capital social " des individus, des groupes ou d’un territoire, de participation démocratique (dans la cité, le travail...), de confiance dans les autres et dans les institutions, etc.

- 6) Recherches plus ou moins transversales sur les " indicateurs synthétiques " construits sur la base d’indicateurs hétérogènes : aspects méthodologiques, dimension politique, avancées empiriques... La notion d’hétérogénéité des indices composants signifie que l’on ne cherche pas à mesurer a priori toutes les composantes selon une même unité (en général monétaire), et que l’on ne limite pas l’évaluation du progrès à des indicateurs économiques (d’inégalités, ou d’insécurité, etc.).

- 7) Les problématiques du développement durable. Où les placer dans ce bilan provisoire ? A plusieurs endroits sans doute, mais elles ont en commun une vision plus orientée vers le long et très long terme, vers le patrimoine de ressources non renouvelables et vers la nature.

Les Orientations sectorielles : Le cas des associations ou de " l’économie sociale et solidaire " pourrait donner lieu à des recherches visant à préciser les critères et les indicateurs susceptibles d’être mobilisés pour porter un jugement plus rigoureux sur la notion importante mais assez vague d’ " utilité sociale " invoquée pour spécifier ce secteur et lui accorder des avantages statutaires. Quels sont les rapports entre l’utilité sociale de l’économie sociale et solidaire et la (re)conceptualisation de la richesse ? Note de Jean Gadrey à l’intention des membres du Conseil d’orientation, 19/12/2001 sur le site de « place publique »

A cela s’ajoute les divers compte-rendus de cette journée ci-dessous :

Après midi à l’Institut d’Etudes Politiques avec Patrick Viveret

Cette conférence débat a été passionnante, comme celle du soir à l’auditorium de la médiathèque de Pessac. S’il n’y avait qu’une chose à retenir de cette semaine ce serait le message que Patrick Viveret nous a donné : “Nous allons avoir, on ne sait pas quand bien sur, une crise financière majeure. A ce moment là on aura besoin d’utiliser des systèmes d’échanges de remplacement, comme en Argentine en 2002.” C’est donc maintenant qu’il faut y réfléchir et expérimenter des idées nouvelles, comme ce que nous expérimentons dans notre Sel Gabare. Roland Carbone (adhérent SEL Gabare N° 11)

[[Extraits proposés par Anne Marie Bronner du compte-rendu de 6 pages qu’elle a rédigé : Après midi à l’Institut d’Etudes Politiques avec Patrick Viveret

Le débat sur l’économie sociale et les associations impliquées s’est engagé publiquement au secrétariat de l’économie solidaire suite à la lettre de commande de monsieur Guy Hascoët sous le gouvernement Jospin. Ce travail, avec l’appui du PNUD (programme des nations unies pour le développement), a donné lieu aux rencontres internationales de mars 2002 à Paris avec la présentation du rapport VIVERET , la participation des nombreuses associations concernées par les enjeux de la richesse et les lettres en réponses du premier ministre et du Président de la république. Les associations humanitaires pointent la nécessité fondamentale d’une nouvelle approche de la richesse. Y seront évoquées les possibilités d’alternatives tant au plan des idées que de l’action. La question du crime de l’humanité contre la vie a été posée ; quels en sont alors les mobiles et les armes ? Cette question est liée à la représentation de la richesse : Le modèle de développement actuel en occident n’étant pas universalisable sur la planète car non durable et non projetable, pourquoi cette obstination ? Il y a contradiction entre diagnostic et remèdes, les indicateurs au quotidien qui nous régissent et nos systèmes de motivations, ceux-ci anthroposophiques et civilisationnels seront abordés plus bas.

RETOUR HISTORIQUE Selon les civilisations, la nature du rapport à l’économie et la monnaie est différente et liée aux croyances. Dans nos sociétés développées, les variables sont guerrières et industrielles et montrent la nature de notre sous développement. Nous ne pouvons plus contourner l’ampleur du défi écologique (l’air, l’eau et leur valeur économique liée à leur rareté) ; les raisonnements et les motivations sont contradictoires. Nous sommes devant un grand défi par rapport à la révolution du vivant ; le clonage sert-il des fins thérapeutiques ou d’autres plus douteuses. Les modes de développement (sociaux, éthiques et spirituels) sont des enjeux fondamentaux ainsi que l’extension du modèle sur toute la planète. Une grande partie du mal développement ne vient pas des moyens mais de notre sous développement éthique, affectif et spirituel.

L’ENJEU ANTHROPOLOGIQUE ET CIVILISATIONNEL

Nous avons besoin de sens et de compréhension par rapport à l’insensé. L’angoisse apparaît comme le double de l’énergie du désir. Lutter contre la mort entraîne des passions inversées. La question de notre mal développement se trouve là : le désir de possession est surdéveloppé dans nos civilisations et le désir d’être trop faible. Cela nous propulse dans un cycle dépressif ( comme pour les toxicomanes) à compenser ou remplir ici par l’avoir. Nous sommes dans un cycle EXCITATION-DEPRESSION destructrices au niveau économique mondial Rentre-t on vraiment dans un axe destructeur avec une guerre de civilisation ou bien dans un nouvel humanisme à construire en prenant le meilleur et créant un dialogue de civilisation ? Un débat démocratique est essentiel a tous les échelons mondial, national, local pour UN CHOIX DE SOCIETE. Ce qui est toxique, dans les questions internationales, ce n’est pas le désaccord mais le malentendu et l’incompréhension. Donnons nous collectivement l’autorisation du doute et du désaccord comme un plus, positif. La sécurité dans le désaccord permet de se reconnaître à progresser, ce qui est différent du malentendu qui provoque une stérilisation de l’avancée. CE QUI DOIT MUTER : La question de la violence interhumaine La question de la démocratie serait de revisiter les raisons pour lesquelles se sont effondrés les autres systèmes non capitalistes et créer une dynamique de force (logique gagnant-gagnant) plutôt qu’un rapport de force (logique guerrière). L’humanité étant menacée par elle-même (à part les astéroïdes) se pose la question de la barbarie intérieure et extérieure et de la Sagesse.

LA SAGESSE DEVIENT UNE QUESTION POLITIQUE

Dans le rapprochement Orient/occident nous pouvons découvrir et/ou développer à la différence de la tension (stress/quantité), l’attention (qualité de vivre intensément conscient) qui dans la tradition bouddhiste donne “ vivre à la bonne heure ” = au moment présent. Nous sommes dans une pathologie du quantifiable qui est à l’opposé d’une qualité relationnelle et de faire un bout de chemin ensemble !

CONCLUSION

L’homme devrait au début être placé au centre et traité comme une question, une espèce qui ne s’aime pas pour ensuite faire sortir comme une résultante, le meilleur de l’humanité. Simultanément devraient être traitées des questions politiques et de sagesse. Que faisons-nous de la conscience et de l’esprit ? nous les nommerons ici spiritualité laïque. Le service publique devrait être autre chose qu’une question de propre passion de pouvoir et de domination. L’espace publique international (dans un esprit de spiritualité laïque) doit mener d’un dialogue pour la terre à un dialogue en humanité. Comme le big bang a donné un univers ou une pluralité d’univers, nous avons nous une pluralité de choix de vies par rapport à celle que nous vivons parmi tout le champ des possibles. Nous naviguons entre choix et contraintes dans cette multiplicité de potentialités et vivons une réalité unique et entière. Toutes les sagesses parlent de changer la vision. En vivant dans l’attention, la réalité est d’une intensité extraordinaire. Dans le temps présent nous avons accès à l’éternité et c’est tellement satisfaisant que nous n’avons alors plus besoin de nous poser la question de l’avenir. La question du temps est une grande question sociale et politique. Commençons à vivre cette question au niveau de soi-même et des groupes auxquels nous appartenons. Vivre et témoigner d ‘une qualité de vie, de coopération, d’intérêt par rapport au métier que nous voulons faire, est différent du dire. C’est aussi différent du modèle militant de souffrance où sont énoncées les conditions préalables d’un futur nécessaire. Vivons notre humanité sur le terrain d’un imaginaire positif sur un modèle coopératif festif.

Anne Marie Bronner (adhérente SEL Gabare N° 47)

Ci dessus ce ne sont que des extraits des compte-rendus que nous avons rassemblés. Si vous souhaitez les recevoir par mail gratuitement, les demander à roland.carbone@free.fr Si vous souhaitez les recevoir par courrier (au prix coutant des photocopies et de l’envoi) demandez les au 05 56 45 02 73 à Roland. Des photos numériques des rencontres sont disponibles aussi auprès de Roland

Site Web : http://sel.gabare.free.fr - E-mail : sensmonnaie@wanadoo.fr

Ce document a été réalisé suite à la deuxième journée de la semaine « Sens de la Monnaie » PESSAC 2002 Et sera mise en ligne sur le site du sel GABARE par Daniel Delarasse et Winston Smith.


Ce document a été réalisé suite à la deuxième journée de la semaine « Sens de la Monnaie » PESSAC 2002 Par Daniel Delarasse pour le Sel Gabare –Document numéro 3 – 17 octobre 2002- Copyright photo d’Archissi et documents (internet)


Commentaires

Logo de johannes finckh
mercredi 17 juin 2009 à 23h50, par  johannes finckh

LA NATURE DE LA MONNAIE

Pour revenir à la question centrale de ce qu’est la monnaie, l’insistance que je peux avoir sur le statut spécial de la monnaie fiduciaire, cela vient d’une autre observation que je n’ai pas encore exposée et qui apportera, je l’espère, un éclairage nouveau !

0) Tout d’abord, ce n’est pas la monnaie qui est à la base, mais le fait que l’être humain travaille et doit ensuite partager le fruit du travail ! Jusque là, tout le monde suit.

1) Ensuite, l’invention de la monnaie, ancienne et toujours nouvelle, a radicalement changé les rapports humains. Pour étendre cette réflexion à la nature même de l’être humain, on peut dire que le fait que l’être humain parle, le "parlêtre" de Lacan, change tout.
Par analogie, j’affirme (Lacan le dit aussi, d’ailleurs, mais peu importe ici !) que le signe monétaire est le "signifiant à tout faire", qu’il organise comme rien d’autre la société comme telle. Aujourd’hui, on peut affirmer, selon moi, que l’économie est monétaire ou n’est pas ! On peut encore dire que les divergences sociales sont solubles quand elles sont "monnayables", c’est-à-dire quand on peut mettre de la monnaie (d’échange) sur la table. Par ailleurs, la monnaie est d’état ou n’est pas, car sa crédibilité dépend de ce que tous l’acceptent ! D’où, pour l’essentiel, les difficultés de la monnaie locale tant qu’aucune autorité crédible ne la cautionne !

Dans le quotidien des échanges économiques, nous "parlons" euro ou alors, cela ne compte pas ! Ou dollar, etc...

A partir de ce moment-là, on peut dire, d’une façon lapidaire, que la monnaie n’existe que l’instant où elle est sur la table !
Tant que le billet est dans ma poche ou, plus loin, tant que la somme est créditée sur mon DAV, l’échange n’est pas réalisé, et il est impossible de savoir quand et où il va avoir lieu !

En toute rigueur, la monnaie n’est monnaie que l’instant de l’échange pour devenir un objet l’instant d’après.
Il me semble que c’est cette réalité-là qui fait qu’il est à ce point difficile, pour beaucoup, de définir ce qui est monnaie et ce qui n’est pas monnaie !

Pour radicaliser encore, la monnaie est échangeante ou n’est pas ! En même temps, elle a un caractère "permanent"
Juste avant l’acte de l’échange, c’est un trésor précieux, et juste après aussi ! Pour les comptes bancaires, y compris les DAV, cela reste des promesses de monnaie non réalisées ! Même si l’échange de ces promesses est souvent satisfaisant.

Mais je ne souhaite pas plus que cela insister sur ce point du débat pour avancer, car, à mon sens, cela est tout à fait secondaire pour saisir ce qu’est la monnaie et s’éclairera mieux dans la suite.
Cette logique binaire qui fait que l’objet monnaie est à la fois un objet qui passe de main en main et que l’on thésaurise plus ou moins indéfiniement (que l’on cache !) comporte en elle-même toute la difficulté de ce qu’il y a à saisir !

2)Considérant le monde des biens et services offerts (que j’appellerai marchandise pour ce débat qui suit) en échange de la demande incarnée par la monnaie au moment de l’échange, nous constatons les faits suivants :

La marchandise apparaît sur le marché, y reste le temps d’être vendue, puis disparaît, en principe, à tout jamais, via la consommation et la destruction. Autrement dit, nous n’avons pas, comme pour la monnaie, une réapparition sur le marché.

3) J’ai déduit, d’abord, que le mouvement de la monnaie pourrait alors être qualifié de circulaire, un mouvement de réapparition, fréquente ou rare, sur le marché, pour opérer l’écoulement de la marchandise engagé ainsi dans un mouvement linéaire de la production vers la consommation. Selon cette approche, c’est le point de rencontre de la monnaie circulante avec la ligne droite effectuée par la marchandise, autrement dit, le point où la tangente touche le cercle pour s’en éloigner à nouveau qui peut être considéré comme le moment de l’échange.

4)Cette image assez simple permet de déduire que le mouvement circulaire de la monnaie, quand il est régulier et constant, quand la rotation du cercle s’effectue toujours à la même allure, opérera l’écoulement de la marchandise d’une façon constante. Et quand, par contre, ce mouvement circulaire est dérangé, ralentit, l’écoulement de la marchandise ralentit à son tour ! Inversement, une accélération du circuit produit une accélération de l’écoulement de la marchandise.
Ce changement du mouvement circulaire est décrit aussi comme la "vitesse de circulation" (ou de transaction) de la monnaie.

5)On peut, sans peine, étendre cette image à tout ce que la monnaie achète, y compris les biens d’équipement, les maisons, etc...

6) Il y a un autre élément qui frappe dans cette image : la réapparition continuelle de la monnaie sans rien perdre de son pouvoir échangeant (hors inflation ou déflation pour le moment) lui confère un singulier pouvoir ! En effet, ce pouvoir d’achat constant, cette bonne résistence au temps qui passe, tranche singulièrement avec la mauvaise résistence au temps qui passe qui affecte la marchandise. La marchandise est engagéé, dès qu’elle est produite pour le marché (imaginons des fraises par exemple, ou un journal quotidien), dans une course contre la montre ! Si elle n’est pas échangée pour être consommée, elle se "consomme" toute seule et sur place ! Cela s’applique même aux biens durables, à l’exception,sans doute, de l’or des diamants et de la terre en principe, ainsi que quelques autres articles particulièrement "durables". Mais pour l’essentiel des marchandises, le principe de l’usure du temps s’applique. Pour les biens d’équipement et les maisons, cela s’appelle "amortissement", voire "obsolescence" parfois, en tout cas, ce sont des événements qui ne frappent en rien le signe monétaire.

7)En cela, d’ailleurs, le signe monétaire se révèle être un objet (ou un "signifiant") bien particulier, à savoir un objet qui n’est pas "atteint" par le temps qui passe ! Cette qualité est certainement un héritage de la monnaie or qui, du fait que l’or résiste bien au temps qui passe, a donné le modèle et le cadre règlementaire à la monnaie telle qu’elle est. Cet objet, de fabrication humaine et absolument primordial dans le fonctionnement économique, a ainsi un comportement et un fonctionnement pour le moins baroque ! Un objet d’échange qui résiste au temps qui passe !

8) Il résulte de ce caractère baroque de la monnaie des conséquences :
*sa résistence au temps qui passe lui confère un pouvoir qui lui permet, à sa guise, de retarder les échanges, autrement dit, la monnaie se retire plus ou moins longtemps de son mouvement circulaire, en fonction de ce que décide son détenteur. Le ralentissement, via des thésaurisations, est parfois à ce point massif que l’on doit parler alors de véritables modifications de la monnaie circulante (M0) que la BC compense comme elle peut par une émission supplémentaire, car, sinon, nous assiterions à une déflation violente !
*Le détenteur agit ainsi parce que cette façon de faire lui confère un avantage et un pouvoir : celui de la maîtrise du temps qui passe, en tout cas face au producteur de marchandise qui ressent toujours une "urgence" à vendre !
*L’intérêt monétaire net, une fonction stricte du temps, est ainsi la racine même du système capitaliste !

9)Il s’ensuit aussi qu’il suffirait de construire une monnaie qui résiste moins bien au temps pour trouver une sortie du capitalisme et de la crise systémique dans laquelle nous sommes.

10)Le pouvoir capitaliste de cette monnaie se transmet, via les banques, chargés de remettre la monnaie dans le circuit, à l’épargne, puis au crédit et puis à tout ce qui se constitue comme capital !

11)Si je dis toujours que les banques ne créent pas de monnaie, cela vient de cela aussi : elles sont largement occupées, déjà, à remettre la monnaie dans le circuit en collectant l’épargne et à éviter ainsi des thésaurisations massives, afin de maintenir le circuit monétaire fonctionnel !
Elles ne créent pas de la monnaie, car cela contredirait radicalement le fonctionnement circulaire de la monnaie. Elles ne l’affirment d’ailleurs nullement !

samedi 23 novembre 2002 à 08h54

 ://perso.club-internet.fr/leuven/453.htm

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